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DESCRIPTION:Comme je vous l'ai promis\, nous 'rencontrons' Paul Verlaine le
  mardi 14 décembre à 14h15 au Florida. Vous trouverez ci-dessous et en piè
 ce jointe (Fichier : PDF imprimable)\, tout en bas de cette page\,  les te
 xtes qui seront lus. \nEn attendant le plaisir de cette rencontre\, je vou
 s souhaite une bonne semaine. \nBien à vous. \nJacqueline GG\n \n   - TEXT
 ES -       PAUL VERLAINE 1844-1896\n \n 1er) Vœu extrait des Poèmes saturn
 iens   « sonnet »\n \nAh ! les oaristys ! Les premières maîtresses !      
        (compagnes) L'or des cheveux\, l'azur des yeux\, la fleur des chair
 s\, Et puis\, parmi l'odeur des corps jeunes et chers\, La spontanéité cra
 intive des caresses !  Sont-elles assez loin toutes ces allégresses Et tou
 tes ces candeurs ! Hélas ! toutes devers Le printemps des regrets ont fui 
 les noirs hivers De mes ennuis\, de mes dégoûts\, de mes détresses !  Si q
 ue me voilà seul à présent\, morne et seul\, Morne et désespéré\, plus gla
 cé qu'un aïeul\, Et tel qu'un orphelin pauvre sans soeur aînée.  Ô la femm
 e à l'amour câlin et réchauffant\, Douce\, pensive et brune\, et jamais ét
 onnée\, Et qui parfois vous baise au front\, comme un enfant !\n2ème) MON 
 REVE FAMILIER \nextrait des Poèmes saturniens « sonnet »\n \nJe fais souve
 nt ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue\, et que j'aime\, et 
 qui m'aime Et qui n'est\, chaque fois\, ni tout à fait la même Ni tout à f
 ait une autre\, et m'aime et me comprend.  Car elle me comprend\, et mon c
 oeur\, transparent Pour elle seule\, hélas ! cesse d'être un problème Pour
  elle seule\, et les moiteurs de mon front blême\, Elle seule les sait raf
 raîchir\, en pleurant.  Est-elle brune\, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
  Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore Comme ceux des aimés qu
 e la Vie exila.  Son regard est pareil au regard des statues\, Et\, pour s
 a voix\, lointaine\, et calme\, et grave\, elle a L'inflexion des voix chè
 res qui se sont tues.\n3ème ) APRES TROIS ANS \nExtrait des Poèmes saturni
 ens « sonnet » \n \nAyant poussé la porte étroite qui chancelle\, Je me su
 is promené dans le petit jardin Qu'éclairait doucement le soleil du matin\
 , Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.  Rien n'a changé. J'ai t
 out revu : l'humble tonnelle De vigne folle avec les chaises de rotin... L
 e jet d'eau fait toujours son murmure argentin Et le vieux tremble sa plai
 nte sempiternelle.  Les roses comme avant palpitent \; comme avant\, Les g
 rands lys orgueilleux se balancent au vent\, Chaque alouette qui va et vie
 nt m'est connue.  Même j'ai retrouvé debout la Velléda\, Dont le plâtre s'
 écaille au bout de l'avenue\, - Grêle\, parmi l'odeur fade du réséda.\n \n
 4ème) Chanson d’AUTOMNE \n \nLes sanglots longs Des violons De l'automne B
 lessent mon coeur D'une langueur Monotone.  Tout suffocant Et blême\, quan
 d Sonne l'heure\, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure  Et je m'e
 n vais Au vent mauvais Qui m'emporte Deçà\, delà\, Pareil à la Feuille mor
 te.\n5ème) CLAIR DE LUNE extrait des « Fêtes galantes « \nVotre âme est un
  paysage choisi Que vont charmant masques et bergamasques Jouant du luth e
 t dansant et quasi  Tristes sous leurs déguisements fantasques.  Tout en c
 hantant sur le mode mineur L'amour vainqueur et la vie opportune\, Ils n'o
 nt pas l'air de croire à leur bonheur Et leur chanson se mêle au clair de 
 lune\,  Au calme clair de lune triste et beau\, Qui fait rêver les oiseaux
  dans les arbres Et sangloter d'extase les jets d'eau\, Les grands jets d'
 eau sveltes parmi les marbres.\n \n6ème) COLLOQUE SENTIMENTAL extrait des 
 « Fêtes galantes » \n \nDans le vieux parc solitaire et glacé Deux formes 
 ont tout à l'heure passé.  Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont moll
 es\, Et l'on entend à peine leurs paroles.  Dans le vieux parc solitaire e
 t glacé Deux spectres ont évoqué le passé.  - Te souvient-il de notre exta
 se ancienne? - Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?  - Ton coeu
 r bat-il toujours à mon seul nom? Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non.
   Ah ! les beaux jours de bonheur indicible Où nous joignions nos bouches 
 ! - C'est possible.  - Qu'il était bleu\, le ciel\, et grand\, l'espoir ! 
 - L'espoir a fui\, vaincu\, vers le ciel noir.  Tels ils marchaient dans l
 es avoines folles\, Et la nuit seule entendit leurs paroles.\n            
            :- :- :- :- :\nN.B. ici les strophes sont des distiques décasyl
 labiques              (distiques : deux vers) déca : 10 syllabes.\n7ème) E
 N ROBE GRISE extrait du recueil LA BONNE CHANSON\nEn robe grise et verte a
 vec des ruches\, Un jour de juin que j'étais soucieux\, Elle apparut souri
 ante à mes yeux Qui l'admiraient sans redouter d'embûches \;  Elle alla\, 
 vint\, revint\, s'assit\, parla\, Légère et grave\, ironique\, attendrie :
  Et je sentais en mon âme assombrie Comme un joyeux reflet de tout cela \;
   Sa voix\, étant de la musique fine\, Accompagnait délicieusement L'espri
 t sans fiel de son babil charmant Où la gaîté d'un bon coeur se devine.  A
 ussi soudain fus-je\, après le semblant D'une révolte aussitôt étouffée\, 
 Au plein pouvoir de la petite Fée Que depuis lors je supplie en tremblant.
 \n8ème) TOUTE GRACE ET TOUTE NUANCE \nextrait de « La bonne chanson »\nver
 s octosyllabiques (8 pieds) quatrains aux rimes croisées. abab\n \nToute g
 râce et toutes nuances Dans l'éclat doux de ses seize ans\, Elle a la cand
 eur des enfances Et les manèges innocents.  Ses yeux\, qui sont les yeux d
 'un ange\, Savent pourtant\, sans y penser\, Eveiller le désir étrange D'u
 n immatériel baiser.  Et sa main\, à ce point petite Qu'un oiseau-mouche n
 'y tiendrait\, Captive sans espoir de fuite\, Le coeur pris par elle en se
 cret.  L'intelligence vient chez elle En aide à l'âme noble \; elle est Pu
 re autant que spirituelle : Ce qu'elle a dit\, il le fallait  Et si la sot
 tise l'amuse Et la fait rire sans pitié\, Elle serait\, étant la muse\, Cl
 émente jusqu'à l'amitié\,  Jusqu'à l'amour - qui sait ? peut-être\, A l'ég
 ard d'un poète épris Qui mendierait sous sa fenêtre\, L'audacieux ! un dig
 ne prix  De sa chanson bonne ou mauvaise ! Mais témoignant sincèrement\, S
 ans fausse note et sans fadaise\, Du doux mal qu'on souffre en aimant.\n9è
 me) LE CIEL EST PAR-DESSUS LE TOIT                         extrait du recu
 eil « SAGESSE » \nLe ciel est\, par-dessus le toit\, Si bleu\, si calme ! 
 Un arbre\, par-dessus le toit\, Berce sa palme.  La cloche\, dans le ciel 
 qu'on voit\, Doucement tinte. Un oiseau sur l'arbre qu'on voit Chante sa p
 lainte.  Mon Dieu\, mon Dieu\, la vie est là Simple et tranquille. Cette p
 aisible rumeur-là Vient de la ville.  Qu'as-tu fait\, ô toi que voilà Pleu
 rant sans cesse\, Dis\, qu'as-tu fait\, toi que voilà\, De ta jeunesse ?\n
 10ème) LES CHERES MAINS extrait de « SAGESSE »\nLes chères mains qui furen
 t miennes\, Toutes petites\, toutes belles\, Après ces méprises mortelles 
 Et toutes ces choses païennes\,  Après les rades et les grèves\, Et les pa
 ys et les provinces\, Royales mieux qu'au temps des princes\, Les chères m
 ains m'ouvrent les rêves.  Mains en songe\, mains sur mon âme\, Sais-je\, 
 moi\, ce que vous daignâtes\, Parmi ces rumeurs scélérates\, Dire à cette 
 âme qui se pâme ?  Ment-elle\, ma vision chaste D'affinité spirituelle\, D
 e complicité maternelle\, D'affection étroite et vaste ?\n11ème) ECOUTEZ L
 A CHANSON\nVers octosyllabiques (8 pieds) rimes embrassées : abba\nLa voix
  vous fut connue (et chère ?) Mais à présent elle est voilée Comme une veu
 ve désolée\, Pourtant comme elle encore fière\,  Et dans les longs plis de
  son voile\, Qui palpite aux brises d'automne. Cache et montre au coeur qu
 i s'étonne La vérité comme une étoile.  Elle dit\, la voix reconnue\, Que 
 la bonté c'est notre vie\, Que de la haine et de l'envie Rien ne reste\, l
 a mort venue.  Elle parle aussi de la gloire D'être simple sans plus atten
 dre\, Et de noces d'or et du tendre Bonheur d'une paix sans victoire.\nAcc
 ueillez la voix qui persiste Dans son naïf épithalame.* Allez\, rien n'est
  meilleur à l'âme Que de faire une âme moins triste !  Elle est en peine e
 t de passage\, L'âme qui souffre sans colère\, Et comme sa morale est clai
 re !... Ecoutez la chanson bien sage.\n*Epithalame : Poème composé en l’ho
 nneur d’un mariage\n12ème) LUCIEN LETINOIS extrait de «  SAGESSE »\nMon fi
 ls est mort. J'adore\, ô mon Dieu\, votre loi.  Je vous offre les pleurs d
 'un coeur presque parjure \;  Vous châtiez bien fort et parferez la foi  Q
 u'alanguissait l'amour pour une créature.  Vous châtiez bien fort. Mon fil
 s est mort\, hélas ! Vous me l'aviez donné\, voici que votre droite  Me le
  reprend à l'heure où mes pauvres pieds las  Réclamaient ce cher guide en 
 cette route étroite.  Vous me l'aviez donné\, vous me le reprenez : Gloire
  à vous ! J'oubliais beaucoup trop votre gloire  Dans la langueur d'aimer 
 mieux les trésors donnés  Que le Munificent de toute cette histoire.  Vous
  me l'aviez donné \; je vous le rends très pur\,  Tout pétri de vertu\, d'
 amour et de simplesse.  C'est pourquoi\, pardonnez\, Terrible\, à celui su
 r  Le coeur de qui\, Dieu fort\, sévit cette faiblesse.  Et laissez-moi pl
 eurer et faites-moi bénir  L'élu dont vous voudrez certes que la prière  R
 approche un peu l'instant si bon de revenir  A lui dans Vous\, Jésus\, apr
 ès ma mort dernière.\n13ème) ART POETIQUE EXTRAIT de « JADIS ET NAGUERE » 
 \nDe la musique avant toute chose\, Et pour cela préfère l'Impair Plus vag
 ue et plus soluble dans l'air\, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.  Il
  faut aussi que tu n'ailles point Choisir tes mots sans quelque méprise : 
 Rien de plus cher que la chanson grise Où l'Indécis au Précis se joint.  C
 'est des beaux yeux derrière des voiles\, C'est le grand jour tremblant de
  midi\, C'est\, par un ciel d'automne attiédi\, Le bleu fouillis des clair
 es étoiles !  Car nous voulons la Nuance encor\, Pas la Couleur\, rien que
  la nuance ! Oh ! la nuance seule fiance Le rêve au rêve et la flûte au co
 r !  Fuis du plus loin la Pointe assassine\, L'Esprit cruel et le Rire imp
 ur\, Qui font pleurer les yeux de l'Azur\, Et tout cet ail de basse cuisin
 e !  Prends l'éloquence et tords-lui son cou ! Tu feras bien\, en train d'
 énergie\, De rendre un peu la Rime assagie. Si l'on n'y veille\, elle ira 
 jusqu'où ?  O qui dira les torts de la Rime ? Quel enfant sourd ou quel nè
 gre fou Nous a forgé ce bijou d'un sou Qui sonne creux et faux sous la lim
 e ?  De la musique encore et toujours ! Que ton vers soit la chose envolée
  Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée Vers d'autres cieux à d'autres amo
 urs.  Que ton vers soit la bonne aventure Eparse au vent crispé du matin Q
 ui va fleurant la menthe et le thym... Et tout le reste est littérature.\n
                      :- :- :- :- :\nEcrit en 1874\, publié en 1882\, Art p
 oétique sera considéré comme un manifeste du symbolisme\, bien que Verlain
 e ait recommandé de ne « pas prendre au pied de la lettre » cette « chanso
 n ». Dans son apologie de la « musique »\, Verlaine veut surtout promouvoi
 r le vers impair – coup de pied dans l’édifice de l’alexandrin – et clamer
  son dégout de l’éloquence et de la rhétorique.    \n  https://www.associa
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LOCATION:Maison de Quartier Le FLORIDA (1 Boulevard Auguste Comte\, 13010\,
  10e Arrondissement\, Marseille\, Bouches-du-Rhône\, Provence-Alpes-Côte d
 'Azur)
SUMMARY:Conférence : 'Paul verlaine'
URL:https://www.association-lapostrophe.fr/component/rseventspro/evenement/
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