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DESCRIPTION: \nCi-dessous\, les textes qui seront lus et à la suite ces tex
 tes dans un fichier  PDF téléchargeable et imprimable.\nJacques PREVERT   
       1900-1977\n \nTexte n° 1       Pater noster\n Notre Père qui êtes au
 x cieux Restez-y Et nous nous resterons sur la terre Qui est quelquefois s
 i jolie Avec ses mystères de New York Et puis ses mystères de Paris Qui va
 lent bien celui de la Trinité Avec son petit canal de l'Ourcq Sa grande mu
 raille de Chine Sa rivière de Morlaix Ses bêtises de Cambrai Avec son Océa
 n Pacifique Et ses deux bassins aux Tuileries Avec ses bons enfants et ses
  mauvais sujets Avec toutes les merveilles du monde Qui sont là Simplement
  sur la terre Offertes à tout le monde Éparpillées Émerveillées elles-même
 s d'être de telles merveilles Et qui n'osent se l'avouer Comme une jolie f
 ille nue qui n'ose se montrer Avec les épouvantables malheurs du monde Qui
  sont légion Avec leurs légionnaires Avec leurs tortionnaires Avec les maî
 tres de ce monde Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs re
 îtres Avec les saisons Avec les années Avec les jolies filles et avec les 
 vieux cons Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons
 .   \n \nLA PAGE D ECRITURE   II\nDeux et deux quatre\nquatre et quatre hu
 it\nhuit et huit font seize…\nRépétez ! dit le maître\nDeux et deux quatre
 \nquatre et quatre huit\nhuit et huit font seize.\nMais voilà l’oiseau lyr
 e\nqui passe dans le ciel\nl’enfant le voit\nl’enfant l’entend\nl’enfant l
 ’appelle\nSauve-moi\njoue avec moi\noiseau !\nAlors l’oiseau descend\net j
 oue avec l’enfant\nDeux et deux quatre…\nRépétez ! dit le maître\net l’enf
 ant joue\nl’oiseau joue avec lui…\nQuatre et quatre huit\nhuit et huit fon
 t seize\net seize et seize qu’est-ce qu’ils font ?\nIls ne font rien seize
  et seize\net surtout pas trente-deux\nde toute façon\nils s’en vont.\nEt 
 l’enfant a caché l’oiseau\ndans son pupitre\net tous les enfants\nentenden
 t sa chanson\net tous les enfants\nentendent la musique\net huit et huit à
  leur tour s’en vont\net quatre et quatre et deux et deux\nà leur tour fic
 hent le camp\net un et un ne font ni une ni deux\nun à un s’en vont égalem
 ent.\nEt l’oiseau lyre joue\net l’enfant chante\net le professeur crie :\n
 Quand vous aurez fini de faire le pitre\nMais tous les autres enfants\néco
 utent la musique\net les murs de la classe\ns’écroulent tranquillement\nEt
  les vitres redeviennent sable\nl’encre redevient eau\nles pupitres redevi
 ennent arbres\nla craie redevient falaise\nle porte-plume redevient oiseau
 .\n \n \nTexte n° 3\nMoi je joue du piano disait l'un moi je joue du violo
 n disait l'autre moi de la harpe moi du banjo moi du violoncelle moi du bi
 niou... moi de la flûte et moi de la crécelle. Et les uns et les autres pa
 rlaient parlaient parlaient de ce qu'ils jouaient On n'entendait pas la mu
 sique tout le monde parlait parlait parlait personne ne jouait mais dans u
 n coin un homme se taisait: 'Et de quel instrument jouez-vous Monsieur qui
  vous taisez et qui ne dites rien?' lui demandèrent les musiciens 'Moi je 
 joue de l'orgue de Barbarie et je joue du couteau aussi' dit l'homme qui j
 usqu'ici n'avait absolument rien dit et puis il s'avança le couteau à la m
 ain et il tua tous les musiciens et il joua de l'orgue de Barbarie et sa m
 usique était si vraie et si vivante et si jolie que la petite fille du maî
 tre de la maison sortit de dessous le piano où elle était couchée endormie
  par ennui et elle dit: 'Moi je jouais au cerceau à la balle au chasseur j
 e jouais à la marelle je jouais avec un seau je jouais avec une pelle je j
 ouais au papa et à la maman je jouais à chat perché je jouais avec mes pou
 pées je jouais avec une ombrelle je jouais avec mon petit frère avec ma pe
 tite soeur je jouais au gendarme et au voleur mais c'est fini fini fini.\n
  \n \nTEXTE 4  LA CHASSE A L ENFANT\nBandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! 
 Au-dessus de l'île on voit des oiseaux Tout autour de l'île il y a de l'ea
 u Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! Qu'est-ce que c'est que ces hurleme
 nts Bandit ! Voyou ! Voyou ! Chenapan !  C'est la meute des honnêtes gens 
 Qui fait la chasse à l'enfant  Il avait dit j'en ai assez de la maison de 
 redressement Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents E
 t puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment  Bandit ! Voyou ! Voleur 
 ! Chenapan !  Maintenant il s'est sauvé Et comme une bête traquée Il galop
 e dans la nuit Et tous galopent après lui Les gendarmes les touristes les 
 rentiers les artistes  Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !  C'est la meut
 e des honnêtes gens Qui fait la chasse à l'enfant Pour chasser l'enfant\, 
 pas besoin de permis Tous le braves gens s'y sont mis Qu'est-ce qui nage d
 ans la nuit Quels sont ces éclairs ces bruits C'est un enfant qui s'enfuit
  On tire sur lui à coups de fusil  Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! To
 us ces messieurs sur le rivage Sont bredouilles et verts de rage Bandit ! 
 Voyou ! Voleur ! Chenapan ! Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le co
 ntinent ! Au-dessus de l'île on voit des oiseaux Tout autour de l'île il y
  a de l'eau.\n \nTEXTE N° 5   LA GRASSE MATINEE\nIl est terrible le petit 
 bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain il est terrible ce bruit
  quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim elle est terrible au
 ssi la tête de l'homme la tête de l'homme qui a faim quand il se regarde à
  six heures du matin dans la glace du grand magasin une tête couleur de po
 ussière ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde dans la vitrine de che
 z Potin il s'en fout de sa tête l'homme il n'y pense pas il songe il imagi
 ne une autre tête une tête de veau par exemple avec une sauce de vinaigre 
 ou une tête de n'importe quoi qui se mange et il remue doucement la mâchoi
 re doucement et il grince des dents doucement car le monde se paye sa tête
  et il ne peut rien contre ce monde et il compte sur ses doigts un deux tr
 ois un deux trois cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé et il a beau s
 e répéter depuis trois jours Ça ne peut pas durer ça dure trois jours troi
 s nuits sans manger et derrière ce vitres ces pâtés ces bouteilles ces con
 serves poissons morts protégés par les boîtes boîtes protégées par les vit
 res vitres protégées par les flics flics protégés par la crainte que de ba
 rricades pour six malheureuses sardines.. Un peu plus loin le bistrot café
 -crème et croissants chauds l'homme titube et dans l'intérieur de sa tête 
 un brouillard de mots un brouillard de mots sardines à manger oeuf dur caf
 é-crème café arrosé rhum café-crème café-crème café-crime arrosé sang !...
  Un homme très estimé dans son quartier a été égorgé en plein jour l'assas
 sin le vagabond lui a volé deux francs soit un café arrosé zéro franc soix
 ante-dix deux tartines beurrées et vingt-cinq centimes pour le pourboire d
 u garçon.\n \nTEXTE N° 6\nRappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur 
 Brest ce jour-là Et tu marchais souriante Épanouie ravie ruisselante Sous 
 la pluie Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest Et je t'ai 
 croisée rue de Siam Tu souriais Et moi je souriais de même Rappelle-toi Ba
 rbara Toi que je ne connaissais pas Toi qui ne me connaissais pas Rappelle
 -toi Rappelle-toi quand même ce jour-là N'oublie pas Un homme sous un porc
 he s'abritait Et il a crié ton nom Barbara Et tu as couru vers lui sous la
  pluie Ruisselante ravie épanouie Et tu t'es jetée dans ses bras Rappelle-
 toi cela Barbara Et ne m'en veux pas si je te tutoie Je dis tu a tous ceux
  que j'aime Même si je ne les ai vus qu'une seule fois Je dis tu a tous ce
 ux qui s'aiment Même si je ne les connais pas Rappelle-toi Barbara N'oubli
 e pas Cette pluie sage et heureuse Sur ton visage heureux Sur cette ville 
 heureuse Cette pluie sur la mer Sur l'arsenal Sur le bateau d'Ouessant Oh 
 Barbara Quelle connerie la guerre Qu'es-tu devenue maintenant Sous cette p
 luie de fer De feu d'acier de sang Et celui qui te serrait dans ses bras A
 moureusement Est-il mort disparu ou bien encore vivant Oh Barbara Il pleut
  sans cesse sur Brest Comme il pleuvait avant Mais ce n'est plus pareil et
  tout est abîmé C'est une pluie de deuil terrible et désolée Ce n'est même
  plus l'orage De fer d'acier de sang Tout simplement des nuages Qui crèven
 t comme des chiens Des chiens qui disparaissent Au fil de l'eau sur Brest 
 Et vont pourrir au loin Au loin très loin de Brest Dont il ne reste rien.
 \nTEXTE N° 7\nCet amour Si violent Si fragile Si tendre Si désespéré Cet a
 mour Beau comme le jour Et mauvais comme le temps Quand le temps est mauva
 is Cet amour si vrai Cet amour si beau Si heureux Si joyeux Et si dérisoir
 e Tremblant de peur comme un enfant dans le noir Et si sûr de lui Comme un
  homme tranquille au milieu de la nuit Cet amour qui faisait peur aux autr
 es Qui les faisait parler Qui les faisait blémir Cet amour guetté Parce qu
 e nous le guettions Traqué blessé piétiné achevé nié oublié Parce que nous
  l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié Cet amour tout entier Si 
 vivant encore Et tout ensoleillé C'est le tien C'est le mien Celui qui a é
 té Cette chose toujours nouvelles Et qui n'a pas changé Aussi vraie qu'une
  plante Aussi tremblante qu'un oiseau Aussi chaude aussi vivante que l'été
  Nous pouvons tous les deux Aller et revenir Nous pouvons oublier Et puis 
 nous rendormir Nous réveiller souffrir vieillir Nous endormir encore Rêver
  à la mort Nous éveiller sourire et rire Et rajeunir Notre amour reste là 
 Têtu comme une bourrique Vivant comme le désir Cruel comme la mémoire Bête
  comme les regrets Tendre comme le souvenir Froid comme le marbre Beau com
 me le jour Fragile comme un enfant Il nous regarde en souriant Et il nous 
 parle sans rien dire Et moi j'écoute en tremblant Et je crie Je crie pour 
 toi Je crie pour moi Je te supplie Pour toi pour moi et pour tous ceux qui
  s'aiment Et qui se sont aimés Oui je lui crie Pour toi pour moi et pour t
 ous les autres Que je ne connais pas Reste là Là où tu es Là où tu étais a
 utrefois Reste là Ne bouge pas Ne t'en va pas Nous qui sommes aimés Nous t
 'avons oublié Toi ne nous oublie pas Nous n'avions que toi sur la terre Ne
  nous laisse pas devenir froids Beaucoup plus loin toujours Et n'importe o
 ù Donne-nous signe de vie Beaucoup plus tard au coin d'un bois Dans la for
 êt de la mémoire Surgis soudain Tends-nous la main Et sauve-nous.\n \nTEXT
 E N° 8\nLES FEUILLES MORTES   paroles: Jacques Prévert musique: Joseph Kos
 ma  Oh! je voudrais tant que tu te souviennes Des jours heureux où nous ét
 ions amis En ce temps-là la vie était plus belle\, Et le soleil plus brûla
 nt qu'aujourd'hui Les feuilles mortes se ramassent à la pelle Tu vois\, je
  n'ai pas oublié... Les feuilles mortes se ramassent à la pelle\, Les souv
 enirs et les regrets aussi Et le vent du nord les emporte Dans la nuit fro
 ide de l'oubli. Tu vois\, je n'ai pas oublié La chanson que tu me chantais
 .  REFRAIN: C'est une chanson qui nous ressemble Toi\, tu m'aimais et je t
 'aimais Et nous vivions tous deux ensemble Toi qui m'aimais\, moi qui t'ai
 mais Mais la vie sépare ceux qui s'aiment Tout doucement\, sans faire de b
 ruit Et la mer efface sur le sable Les pas des amants désunis.  Les feuill
 es mortes se ramassent à la pelle\, Les souvenirs et les regrets aussi Mai
 s mon amour silencieux et fidèle Sourit toujours et remercie la vie Je t'a
 imais tant\, tu étais si jolie\, Comment veux-tu que je t'oublie? En ce te
 mps-là\, la vie était plus belle Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui 
 Tu étais ma plus douce amie Mais je n'ai que faire des regrets Et la chans
 on que tu chantais Toujours\, toujours je l'entendrai!\n \nTEXTE N° 9   JE
  SUIS COMME JE SUIS \nJe suis comme je suis Je suis faite comme ca Quand j
 'ai envie de rire Oui je ris aux éclats J'aime celui qui m'aime Est-ce ma 
 faute a moi Si ce n'est pas le même Que j'aime chaque fois Je suis comme j
 e suis Je suis faite comme ca Que voulez-vous de plus Que voulez-vous de m
 oi\nJe suis faite pour plaire\nEt n’y puis rien changer\nMes talons sont t
 rop hauts\nMa taille trop cambrée\nMes seins beaucoup trop durs\nEt mes ye
 ux trop cernés\nEt puis après\nQu’est-ce que ça peut vous faire\nJe suis c
 omme je suis Je plais à qui je plais Qu'est-ce que ca peut vous faire Ce q
 ui m'est arrivé Oui j'ai aimé quelqu'un Oui quelqu'un m'a aimée Comme les 
 enfants qui s'aiment Simplement savent aimer Aimer aimer...\nPourquoi me q
 uestionner Je suis là pour vous plaire Et n'y puis rien changer.\n \nTEXTE
  N° 10   LES ENFANTS QUI S’AIMENT\nLes enfants qui s'aiment s'embrassent d
 ebout Contre les portes de la nuit Et les passants qui passent les désigne
 nt du doigt Mais les enfants qui s'aiment Ne sont là pour personne Et c'es
 t seulement leur ombre Qui tremble dans la nuit Excitant la rage des passa
 nts Leur rage\, leur mépris\, leurs rires et leur envie Les enfants qui s'
 aiment ne sont là pour personne Ils sont ailleurs bien plus loin que la nu
 it Bien plus haut que le jour Dans l'éblouissante clarté de leur premier a
 mour\n \nTEXTE N° 11       Chanson des enfants \nGentils enfants d’Aubervi
 lliers\nVous plongez la tête la première\nDans les eaux grasses de la misè
 re\nOù flottent les vieux morceaux de liège\nAvec les pauvres vieux chats 
 crevés\nMais votre jeunesse vous protège\nEt vous êtes les privilégiés\nD'
 un monde hostile et sans pitié\nLe triste monde d’Aubervilliers\nOù sans c
 esse vos pères et mères\nOnt toujours travaillé\nPour échapper à la misère
 \nA la misère d’Aubervilliers\nA la misère du monde entier\nGentils enfant
 s d’Aubervilliers\nGentils enfants des prolétaires\nGentils enfants de la 
 misère\nGentils enfants du monde entier\nGentils enfants d’Aubervilliers\n
 C'est les vacances et c'est l'été\nMais pour vous le bord de la mer\nLa Cô
 te d'Azur et le Grand Air\nC'est la poussière d’Aubervilliers\nEt vous jet
 ez sur le pavé\nLes pauvres dés de la misère\nEt de l'enfance désœuvrée\nE
 t qui pourrait vous blâmer\nGentils enfants d’Aubervilliers\nGentils enfan
 ts des prolétaires\nGentils enfants de la misère\nGentils enfants d’Auberv
 illiers\n \nSANGUINE TEXTE N° 12\nLa fermeture éclair a glissé sur tes rei
 ns Et tout l’orage heureux de ton corps amoureux Au beau milieu de l’ombre
  A éclaté soudain Et ta robe en tombant sur le parqué ciré N’a pas fait pl
 us de bruit Qu’une écorce d’orange tombant sur un tapis Mais sous nos pied
 s Ses petits boutons de nacre craquaient comme des pépins Sanguine Joli fr
 uit La pointe de ton sein A tracé une nouvelle ligne de chance Dans le cre
 ux de ma main Sanguine Joli fruit Soleil de nuit.\nBonne lecture. https://
 www.association-lapostrophe.fr/component/rseventspro/evenement/79-rencontr
 e-avec-jacques-prevert?Itemid=101
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LOCATION:C.M.A.  de la Valbarelle (93 Boulevard de la Valbarelle\, 13011\, 
 11e Arrondissement\, Marseille\, Bouches-du-Rhône\, Provence-Alpes-Côte d'
 Azur)
SUMMARY:Rencontre avec Jacques PREVERT
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