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DESCRIPTION:Les textes proposés ci-dessous et au format PDF en cliquant ici
 . \n                                    LA MER     textes \nOceano Nox   
 \nextrait du recueil Les rayons et les ombres V. HUGO 1802-188\nOh ! combi
 en de marins\, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des cours
 es lointaines\, Dans ce morne horizon se sont évanouis ! Combien ont dispa
 ru\, dure et triste fortune ! Dans une mer sans fond\, par une nuit sans l
 une\, Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !  Combien de patrons morts av
 ec leurs équipages ! L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages Et d'un
  souffle il a tout dispersé sur les flots ! Nul ne saura leur fin dans l'a
 bîme plongée. Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée \; L'une a 
 saisi l'esquif\, l'autre les matelots !  Nul ne sait votre sort\, pauvres 
 têtes perdues ! Vous roulez à travers les sombres étendues\, Heurtant de v
 os fronts morts des écueils inconnus. Oh ! que de vieux parents\, qui n'av
 aient plus qu'un rêve\, Sont morts en attendant tous les jours sur la grèv
 e Ceux qui ne sont pas revenus !  On s'entretient de vous parfois dans les
  veillées. Maint joyeux cercle\, assis sur des ancres rouillées\, Mêle enc
 or quelque temps vos noms d'ombre couverts Aux rires\, aux refrains\, aux 
 récits d'aventures\, Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures\, Tandi
 s que vous dormez dans les goémons verts !  On demande : - Où sont-ils ? s
 ont-ils rois dans quelque île ? Nous ont-ils délaissés pour un bord plus f
 ertile ? - Puis votre souvenir même est enseveli. Le corps se perd dans l'
 eau\, le nom dans la mémoire. Le temps\, qui sur toute ombre en verse une 
 plus noire\, Sur le sombre océan jette le sombre oubli.  Bientôt des yeux 
 de tous votre ombre est disparue. L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre s
 a charrue ? Seules\, durant ces nuits où l'orage est vainqueur\, Vos veuve
 s aux fronts blancs\, lasses de vous attendre\, Parlent encor de vous en r
 emuant la cendre De leur foyer et de leur coeur !  Et quand la tombe enfin
  a fermé leur paupière\, Rien ne sait plus vos noms\, pas même une humble 
 pierre Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond\, Pas même un saule v
 ert qui s'effeuille à l'automne\, Pas même la chanson naïve et monotone Qu
 e chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !  Où sont-ils\, les marins
  sombrés dans les nuits noires ? O flots\, que vous savez de lugubres hist
 oires ! Flots profonds redoutés des mères à genoux ! Vous vous les raconte
 z en montant les marées\, Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées Q
 ue vous avez le soir quand vous venez vers nous!\n\nTexte n° 2    L’homme 
 et la mer.       C. BAUDELAIRE 1821- 1867 extrait du recueil : Les fleurs 
 du mal.\n \nHomme libre\, toujours tu chériras la mer ! La mer est ton mir
 oir \; tu contemples ton âme Dans le déroulement infini de sa lame\, Et to
 n esprit n’est pas un gouffre moins amer.\nTu te plais à plonger au sein d
 e ton image \; Tu l’embrasses des yeux et des bras\, et ton coeur Se distr
 ait quelquefois de sa propre rumeur Au bruit de cette plainte indomptable 
 et sauvage.\nVous êtes tous les deux ténébreux et discrets : Homme\, nul n
 ’a sondé le fond de tes abîmes \; Ô mer\, nul ne connaît tes richesses int
 imes\, Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !\nEt cependant voilà d
 es siècles innombrables Que vous vous combattez sans pitié ni remord\, Tel
 lement vous aimez le carnage et la mort\, Ô lutteurs éternels\, ô frères i
 mplacables !\nTexte n° 3 Le Mousse   Tristan Corbière   1845-1875\nExtrait
  du recueil Les Amours jaunes.\nMousse : il est donc marin\, ton père ?… –
  Pêcheur. Perdu depuis longtemps. En découchant d’avec ma mère\, Il a couc
 hé dans les brisants …\nMaman lui garde au cimetière Une tombe – et rien d
 edans – C’est moi son mari sur la terre\, Pour gagner du pain aux enfants.
 \nDeux petits. – Alors\, sur la plage\, Rien n’est revenu du naufrage ? … 
 – Son garde-pipe et son sabot …\nLa mère pleure\, le dimanche\, Pour repos
 … Moi : j’ai ma revanche Quand je serai grand – matelot ! –\nTexte n° 4 A 
 Philis   Pierre de Marbeuf 1596-1635   sonnet\nEt la mer et l'amour ont l'
 amer pour partage\, Et la mer est amère\, et l'amour est amer\, L'on s'abî
 me en l'amour aussi bien qu'en la mer\, Car la mer et l'amour ne sont poin
 t sans orage.  Celui qui craint les eaux\, qu'il demeure au rivage\, Celui
  qui craint les maux qu'on souffre pour aimer\, Qu'il ne se laisse pas à l
 'amour enflammer\, Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.  La mè
 re de l'amour eut la mer pour berceau\, Le feu sort de l'amour\, sa mère s
 ort de l'eau\, Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.  Si l'e
 au pouvait éteindre un brasier amoureux\, Ton amour qui me brûle est si fo
 rt douloureux\, Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.\nTexte
  n° 5 « Trois jours de Christophe Colomb ». \nCasimir DELAVIGNE 1793-1843 
 extrait du recueil\n« Les Messéniennes ». (alexandrins)\nEn Europe ! en Eu
 rope ! - Espérez - Plus d'espoir ! - Trois jours\, leur dit Colomb\, et je
  vous donne un monde.' Et son doigt le montrait\, et son oeil\, pour le vo
 ir\, Perçait de l'horizon l'immensité profonde. Il marche\, et des trois j
 ours le premier jour a lui \; Il marche\, et l'horizon recule devant lui \
 ; Il marche\, et le jour baisse. Avec l'azur de l'onde L'azur d'un ciel sa
 ns borne à ses yeux se confond. Il marche\, il marche encore\, et toujours
  \; et la sonde Plonge et replonge en vain dans une mer sans fond.  Le pil
 ote\, en silence\, appuyé tristement Sur la barre qui crie au milieu des t
 énèbres\, Écoute du roulis le sourd mugissement\, Et des mâts fatigués les
  craquements funèbres. Les astres de l'Europe ont disparu des cieux \; L'a
 rdente Croix du Sud épouvante ses yeux. Enfin l'aube attendue\, et trop le
 nte à paraître\, Blanchit le pavillon de sa douce clarté. 'Colomb\, voici 
 le jour ! le jour vient de renaître! - Le jour! et que vois-tu ? -je vois 
 l'immensité\, '  Qu'importe! il est tranquille... Ah! l'avez-vous pensé ? 
 Une main sur son coeur\, si sa gloire vous tente\, Comptez les battements 
 de ce coeur oppressé Qui s'élève et retombe\, et languit dans l'attente...
   Le second jour a fui. Que fait Colomb ? il dort - La fatigue l'accable\,
  et dans l'ombre on conspire. 'Périra-t-il ? Aux voix : - La mort ! - la m
 ort! - la mort ! - Qu'il triomphe demain\, ou\, parjure\, il expire.' Les 
 ingrats ! quoi ! demain il aura pour tombeau Les mers où son audace ouvre 
 un chemin nouveau ! Et peut-être demain leurs flots impitoyables\, Le pous
 sant vers ces bords que cherchait son regard\, Les lui feront toucher\, en
  roulant sur les sables L'aventurier Colomb\, grand homme un jour plus tar
 d !...  Soudain\, du haut des mâts descendit une voix : 'Terre ! s'écriait
 -on\, terre ! terre ! ... ' Il s'éveille \; Il court. Oui\, la voilà ! c'e
 st elle\, tu la vois ! La terre !... Ô doux spectacle ! ô transports ! ô m
 erveille ! Ô généreux sanglot qu'il ne peut retenir ! Que dira Ferdinand\,
  l'Europe\, l'avenir ? Il la donne à son roi\, cette terre féconde \; Son 
 roi va le payer des maux qu'il a soufferts : Des trésors\, des honneurs en
  échange d'un monde\, Un trône\, ah ! c'était peu !... Que reçut-il ? Des 
 fers.\n \nTexte n° 6 Brise marine de Stéphane Mallarmé 1842-1898\nExtrait 
 du recueil « Vers et prose » 1893\nLa chair est triste\, hélas ! et j’ai l
 u tous les livres. Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres 
 D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! Rien\, ni les vieux jardins r
 eflétés par les yeux Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe Ô nui
 ts ! ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur 
 défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai ! Steamer ba
 lançant ta mâture\, Lève l’ancre pour une exotique nature !\nUn Ennui\, dé
 solé par les cruels espoirs\, Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs
  ! Et\, peut-être\, les mâts\, invitant les orages\, Sont-ils de ceux qu’u
 n vent penche sur les naufrages Perdus\, sans mâts\, sans mâts\, ni fertil
 es îlots … Mais\, ô mon coeur\, entends le chant des matelots !\nTexte n° 
 7   La mer secrète Jules Supervielle 1884-1960\nExtrait du recueil « La fa
 ble du monde. »\nQuand nul ne la regarde\, La mer n’est plus la mer\, Elle
  est ce que nous sommes Lorsque nul ne nous voit. Elle a d’autres poissons
 \, D’autres vagues aussi. C’est la mer pour la mer Et pour ceux qui en rêv
 ent Comme je fais ici.\nTexte n° 8 La mer proche Extrait du recueil « Grav
 itations »\n\nSUPERVIELLE 1884-1960\n\n\n\n\n\nLa mer n'est jamais loin de
  moi\, Et toujours familière\, tendre\, Même au fond des plus sombres bois
 \nÀ deux pas elle sait m'attendre. Même en un cirque de montagnes Et tout 
 enfoncé dans les terres\, Je me retourne et c'est la mer\, Toutes ses vagu
 es l'accompagnent\, Et sa fidélité de chien Et sa hauteur de souveraine\, 
 Ses dons de vie et d'assassin\, Enorme et me touchant à peine\, Toujours d
 ans sa grandeur physique\, Et son murmure sans un trou\, Eau\, sel\, s'y d
 onnant la réplique\, Et ce qui bouge là-dessous. Ainsi même loin d'elle-mê
 me\, Elle est là parce que je l'aime\, Elle m'est douce comme un puits\, E
 lle me montre ses petits\, Les flots\, les vagues\, les embruns Et les poi
 ssons d'argent ou bruns. Immense\, elle est à la mesure De ce qui fait peu
 r ou rassure. Son museau\, ses mille museaux Sont liquides ou font les bea
 ux\, Sa surface s'amuse et bave Mais\, faites de ces mêmes eaux\, Comme se
 s profondeurs sont graves !\nTexte n° 9 Je regarde la mer Jean Cocteau 188
 9-1963\nExtrait du recueil « Plain-chant »\nJe regarde la mer qui toujours
  nous étonne\nParce que\, si méchante\, elle rampe si court.\nEt nous lèch
 e les pieds comme prise d’amour\nEt d’une moire en lait sa bordure festonn
 e.\nLorsque j’y veux plonger\, son champagne m’étouffe\;\nMes membres sont
  tenus par un vivant métal\;\nTu sembles retourner à ton pays natal\nCar V
 énus en sortit sa fabuleuse touffe.\nCe poison qui me glace est un vin qui
  t’enivre.\nQuand je te vois baigner je suis sûr que tu mens\;\nLe sommeil
  et la mer sont tes vrais éléments!\nHélas! Tu le sais trop\, je ne peux p
 as t’y suivre.\nN.B. Le poème suivant étant très long\, ne sera pas lu\, f
 aute de temps. 144 alexandrins.\nTexte n° 10 Le cimetière marin\nPaul Valé
 ry 1871-1945\nCe toit tranquille\, où marchent des colombes\, Entre les pi
 ns palpite\, entre les tombes \; Midi le juste y compose de feux La mer\, 
 la mer\, toujours recommencée Ô récompense après une pensée Qu’un long reg
 ard sur le calme des dieux !  Quel pur travail de fins éclairs consume Mai
 nt diamant d’imperceptible écume\, Et quelle paix semble se concevoir ! Qu
 and sur l’abîme un soleil se repose\, Ouvrages purs d’une éternelle cause\
 , Le Temps scintille et le Songe est savoir.  Stable trésor\, temple simpl
 e à Minerve\, Masse de calme\, et visible réserve\, Eau sourcilleuse\, œil
  qui gardes en toi Tant de sommeil sous un voile de flamme\, Ô mon silence
 ... ! Édifice dans l’âme\, Mais comble d’or aux mille tuiles\, Toit !  Tem
 ple du Temps\, qu’un seul soupir résume\, À ce point pur je monte et m’acc
 outume\, Tout entouré de mon regard marin \; Et comme aux dieux mon offran
 de suprême\, La scintillation sereine sème Sur l’altitude un dédain souver
 ain.  Comme le fruit se fond en jouissance\, Comme en délice il change son
  absence Dans une bouche où sa forme se meurt\, Je hume ici ma future fumé
 e\, Et le ciel chante à l’âme consumée Le changement des rives en rumeur. 
  Beau ciel\, vrai ciel\, regarde-moi qui change ! Après tant d’orgueil\, a
 près tant d’étrange Oisiveté\, mais pleine de pouvoir\, Je m’abandonne à c
 e brillant espace\, Sur les maisons des morts mon ombre passe Qui m’appriv
 oise à son frêle mouvoir.  L’âme exposée aux torches du solstice\, Je te s
 outiens\, admirable justice De la lumière aux armes sans pitié ! Je te ren
 ds pure à ta place première\, Regarde-toi... ! Mais rendre la lumière Supp
 ose d’ombre une morne moitié.  Ô pour moi seul\, à moi seul\, en moi-même\
 , Auprès d’un coeur\, aux sources du poème\, Entre le vide et l’événement 
 pur\, J’attends l’écho de ma grandeur interne\, Amère\, sombre\, et sonore
  citerne\, Sonnant dans l’âme un creux toujours futur !  Sais-tu\, fausse 
 captive des feuillages\, Golfe mangeur de ces maigres grillages\, Sur mes 
 yeux clos\, secrets éblouissants\, Quel corps me traîne à sa fin paresseus
 e\, Quel front l’attire à cette terre osseuse ? Une étincelle y pense à me
 s absents.  Fermé\, sacré\, plein d’un feu sans matière\, Fragment terrest
 re offert à la lumière\, Ce lieu me plaît\, dominé de flambeaux\, Composé 
 d’or\, de pierre et d’arbres sombres\, Où tant de marbre est tremblant sur
  tant d’ombres \; La mer fidèle y dort sur mes tombeaux !  Chienne splendi
 de\, écarte l’idolâtre ! Quand solitaire au sourire de pâtre\, Je pais lon
 gtemps\, moutons mystérieux\, Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes\
 , Éloignes-en les prudentes colombes\, Les songes vains\, les anges curieu
 x !  Ici venu\, l’avenir est paresse. L’insecte net gratte la sécheresse \
 ; Tout est brûlé\, défait\, reçu dans l’air À je ne sais quelle sévère ess
 ence... La vie est vaste\, étant ivre d’absence\, Et l’amertume est douce\
 , et l’esprit clair.  Les morts cachés sont bien dans cette terre Qui les 
 réchauffe et sèche leur mystère. Midi là-haut\, Midi sans mouvement En soi
  se pense et convient à soi-même... Tête complète et parfait diadème\, Je 
 suis en toi le secret changement.  Tu n’as que moi pour contenir tes crain
 tes ! Mes repentirs\, mes doutes\, mes contraintes Sont le défaut de ton g
 rand diamant... Mais dans leur nuit toute lourde de marbres\, Un peuple va
 gue aux racines des arbres A pris déjà ton parti lentement.  Ils ont fondu
  dans une absence épaisse\, L’argile rouge a bu la blanche espèce\, Le don
  de vivre a passé dans les fleurs ! Où sont des morts les phrases familièr
 es\, L’art personnel\, les âmes singulières ? La larve file où se formaien
 t les pleurs.  Les cris aigus des filles chatouillées\, Les yeux\, les den
 ts\, les paupières mouillées\, Le sein charmant qui joue avec le feu\, Le 
 sang qui brille aux lèvres qui se rendent\, Les derniers dons\, les doigts
  qui les défendent\, Tout va sous terre et rentre dans le jeu !  Et vous\,
  grande âme\, espérez-vous un songe Qui n’aura plus ces couleurs de menson
 ge Qu’aux yeux de chair l’onde et l’or font ici ? Chanterez-vous quand ser
 ez vaporeuse ? Allez ! Tout fuit ! Ma présence est poreuse\, La sainte imp
 atience meurt aussi !  Maigre immortalité noire et dorée\, Consolatrice af
 freusement laurée\, Qui de la mort fais un sein maternel\, Le beau mensong
 e et la pieuse ruse! Qui ne connaît\, et qui ne les refuse\, Ce crâne vide
  et ce rire éternel !  Pères profonds\, têtes inhabitées\, Qui sous le poi
 ds de tant de pelletées\, Êtes la terre et confondez nos pas\, Le vrai ron
 geur\, le ver irréfutable N’est point pour vous qui dormez sous la table\,
  Il vit de vie\, il ne me quitte pas!  Amour\, peut-être\, ou de moi-même 
 haine? Sa dent secrète est de moi si prochaine Que tous les noms lui peuve
 nt convenir ! Qu’importe ! Il voit\, il veut\, il songe\, il touche ! Ma c
 hair lui plaît\, et jusque sur ma couche\, À ce vivant je vis d’appartenir
 !  Zénon ! Cruel Zénon ! Zénon d’Êlée ! M’as-tu percé de cette flèche ailé
 e Qui vibre\, vole\, et qui ne vole pas ! Le son m’enfante et la flèche me
  tue ! Ah ! le soleil... Quelle ombre de tortue Pour l’âme\, Achille immob
 ile à grands pas !  Non\, non... ! Debout ! Dans l’ère successive ! Brisez
 \, mon corps\, cette forme pensive ! Buvez\, mon sein\, la naissance du ve
 nt ! Une fraîcheur\, de la mer exhalée\, Me rend mon âme... Ô puissance sa
 lée ! Courons à l’onde en rejaillir vivant.  Oui ! Grande mer de délires d
 ouée\, Peau de panthère et chlamyde trouée\, De mille et mille idoles du s
 oleil\, Hydre absolue\, ivre de ta chair bleue\, Qui te remords l’étincela
 nte queue Dans un tumulte au silence pareil\,  Le vent se lève... ! Il fau
 t tenter de vivre ! L’air immense ouvre et referme mon livre\, La vague en
  poudre ose jaillir des rocs ! Envolez-vous\, pages tout éblouies ! Rompez
 \, vagues ! Rompez d’eaux réjouies Ce toit tranquille où picoraient des fo
 cs !\nTexte n° 11 L’aventure marine \nRené-Guy CADOU   extrait du recueil
 \n« Hélène ou le règne végétal »\nSur la plage où naissent les mondes\nEt 
 l’hirondelle au vol marin\nIl revenait chaque matin\nLes yeux brûlés de sc
 iure blonde\nSon cœur épanoui dans ses mains\nIl parlait seul. Son beau vi
 sage\nRuisselait d’algues. L’horizon\nLe roulait dans ses frondaisons\nD’é
 toiles et d’œillets sauvages\nAmour trop fort pour sa raison\n« Soleil\, d
 isait-il\, que l’écume\nSoit mon abeille au pesant d’or\nJe prends la mer 
 et je m’endors\nDans la corbeille de ses plumes\nLoin des amis restés au p
 ort\nAh que m’importent ces auberges\nEt leurs gouttières de sang noir\nLe
 s rendez-vous du désespoir\nDans les hôtels meublés des berges\nOù les fil
 les font peine à voir\nJ’ai préféré aux équipages\nLe blanc cheval de la m
 arée\nEt les cadavres constellés\nQui s’acheminent vers le large\nÀ tous c
 es sourires navrés\nLa mort s’en va le long des routes\nParfume l’herbe su
 r les champs\nIl fait meilleur dans le couchant\nParmi les anges qui écout
 ent\nLes coraux se joindre en tremblant »\nIl disait encor maintes choses
 \nOù de grands cris d’oiseaux passaient\nEt des feux rouges s’allumaient\n
 Sur sa gorge comme les roses\nDans les premiers matins de mai\nOn vit s’ou
 vrir les portes claires\nLes sémaphores s’envoler\nEt des ruisseaux de lai
 t couler\nVers les étables de la terre\nD’où l’homme s’en était allé\nÉblo
 ui par tant de lumière\nIl allait regardant parfois\nLa fumée courte sur l
 e toit\nL’épaule ronde des chaumières\nSans regretter son autrefois\nCar i
 l portait sur sa poitrine\nLes tatouages de son destin\nQui disent « Solei
 l et bon grain »\nÀ tous les hommes qui devinent\nL’éternité dans l’air ma
 rin.\nTexte n° 12 extrait d’ Un barrage contre le Pacifique\nde Marguerite
  DURAS .\nIl y avait maintenant six ans qu’elle était arrivée dans la plai
 ne accompagnée de Joseph et de Suzanne\, dans cette Citroën B.12 qu’ils av
 aient toujours. Dès la première année elle mit en culture la moitié de la 
 concession. Ell espérait que cette première récolte suffirait à la dédomma
 ger en grande partie des frais de construction du bungalow. Mais la marée 
 de juillet monta à l’assaut de la plaine et noya la récolte. Croyant qu’el
 le n’avait été bvictime que d’une marée particulièrement forte\, et malgré
  les gens de la plaine qui tentaient de l’en dissuader\, l’année d’après l
 a mère commença. La mer monta encore. Alors elle dût se rendre à la réalit
 é\, sa concession était incultivable. Elle était annuellement envahie par 
 la mer. Il est vrai que la mer ne montait pas à la même hauteur chaque ann
 ée. Mais elle montait toujours suffisamment pour brûler tout directement o
 u par infiltration. Exception faite des cinq hectares qui donnaient sur la
  piste\, et au milieu desquels elle avait fait bâtir son bungalow\, elle a
 vait jeté ses économies de dix dans les vagues du Pacifique.\nLe malheur v
 enait de son incroyable naïveté.\nExtrait n° 13   extrait de Noces à Tipas
 a. Marcel Camus.\nIci même\, je sais que jamais je ne m’approcherai assez 
 du monde. Il me faut être nu et puis plonger dans la mer\, encore tout par
 fumé des essences de la terre\, laver celles-ci dans celles-là\, et nouer 
 sur ma peau l’étreinte pour laquelle soupirent lèvres à lèvres depuis si l
 ongtemps la terre et la mer. Entré dans l’eau\, c’est le saisissement\, la
  montée d’une glu froide et opaque\, puis le plongeon dans le bourdonnemen
 t des oreilles\, le nez coulant et la bouche amère – la nage\, les bras ve
 rnis d’eau sortis de la mer pour se dorer au soleil et rabattus dans une t
 orsion de tous les muscles\, la course de l’eau sur mon corps\, cette poss
 ession tumultueuse de l’onde par mes jambes – et l’absence d’horizon. Sur 
 le rivage\, c’est la chute dans le sable\, abandonné au monde\, rentré dan
 s ma pesanteur de chair et d’os\, abruti de soleil\, avec\, de loin en loi
 n\, un regard pour mes bras où les flaques de peau sèche découvrent\, avec
  le glissement de l’eau\, le duvet blond et la poussière de sel.\n \nTipas
 a se situe à 68 km d’Alger\, ville fondée par les Phéniciens\, cinq siècle
 s avant Jésus Christ.\nTipasse signifiant lieu de passage. \nBonne lecture
  ! \n                                                       \nLes \nLes se
 rvices du Monde\n\n \n\n\n\n \n \n \n \n  \n \n  https://www.association-l
 apostrophe.fr/component/rseventspro/evenement/53-conference-la-mer?Itemid=
 101
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LOCATION:Maison de Quartier Le FLORIDA (1 Boulevard Auguste Comte\, 13010\,
  10e Arrondissement\, Marseille\, Bouches-du-Rhône\, Provence-Alpes-Côte d
 'Azur)
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