BEGIN:VCALENDAR
VERSION:2.0
PRODID:-//https://www.association-lapostrophe.fr///NONSGML kigkonsult.se iCalcreator 2.10.15//
METHOD:PUBLISH
BEGIN:VEVENT
UID:20260411T085819CEST-6759llZKjl@https://www.association-lapostrophe.fr/
DTSTAMP:20260411T065819Z
DESCRIPTION:Les textes qui seront lus lors de nos prochaines rencontres : '
 L'arbre en littérature' sont ci-dessous et au format Word imprimable en cl
 iquant ici.\n \nTEXTE n°1 Jules Supervielle\n \nLE PREMIER ARBRE extrait d
 u recueil LA FABLE DU MONDE\n                            C'était lors de m
 on premier arbre\, J'avais beau le sentir en moi Il me surprit par tant de
  branches\, Il était arbre mille fois. Moi qui suis tout ce que je forme J
 e ne me savais pas feuillu\, Voilà que je donnais de l'ombre Et j'avais de
 s oiseaux dessus. Je cachais ma sève divine Dans ce fût qui montait au cie
 l Mais j'étais pris par la racine Comme à un piège naturel.C’était lors de
  mon premier arbre L'homme s'assit sous le feuillageSi tendre d’être si no
 uveauEtait-ce un chêne ou bien un ormeC’est loin et je ne sais pas tropMai
 s je sais bien qu’il plut à l’hommeQui s’endormit les yeux en joiePour y r
 êver d’un petit bois.  Alors au sortir de son somme D'un coup je fis une f
 orêt De grands arbres nés centenaires Et trois cents cerfs la parcouraient
  Avec leurs biches déjà mères.Ils croyaient depuis très longtempsL'habiter
  et la reconnaîtreLes six-cors et leurs bramementsNon loin de faons encore
  à naître.Ils avaient\, à peine jaillis\,Plus qu'il ne fallait d'espérance
 Ils étaient lourds de souvenirs  Qui dans les miens prenaient naissance.D'
 un coup je fis chênes\, sapins\,Beaucoup d'écureuils pour les cimes\,L'enf
 ant qui cherche son cheminEt le bûcheron qui l'indique\,Je cachai de mon m
 ieux le cielPour ses distances malaiséesMais je le redonnai pour tel\nDans
  les oiseaux et la rosée.\n \n                     :- :- :- :- :\nTEXTE N°
  2  \nLE CHENE ET LE ROSEAU J. de la Fontaine\nLe Chêne un jour dit au Ros
 eau : 'Vous avez bien sujet d'accuser la Nature \; Un Roitelet pour vous e
 st un pesant fardeau. Le moindre vent\, qui d'aventure Fait rider la face 
 de l'eau\, Vous oblige à baisser la tête : Cependant que mon front\, au Ca
 ucase pareil\, Non content d'arrêter les rayons du soleil\, Brave l'effort
  de la tempête. Tout vous est Aquilon\, tout me semble Zéphyr. Encor si vo
 us naissiez à l'abri du feuillage Dont je couvre le voisinage\, Vous n'aur
 iez pas tant à souffrir : Je vous défendrais de l'orage \; Mais vous naiss
 ez le plus souvent Sur les humides bords des Royaumes du vent. La nature e
 nvers vous me semble bien injuste. - Votre compassion\, lui répondit l'Arb
 uste\, Part d'un bon naturel \; mais quittez ce souci. Les vents me sont m
 oins qu'à vous redoutables. Je plie\, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
  Contre leurs coups épouvantables Résisté sans courber le dos \; Mais atte
 ndons la fin. 'Comme il disait ces mots\, Du bout de l'horizon accourt ave
 c furie Le plus terrible des enfants Que le Nord eût portés jusque-là dans
  ses flancs. L'Arbre tient bon \; le Roseau plie. Le vent redouble ses eff
 orts\, Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au Ciel était v
 oisine Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.\n               
           :- :- :- :- :- :- :\nTEXTE N° 3     Jean ANOUILH 1910-1987\nLE C
 HENE ET LE ROSEAU \n Le chêne un jour dit au roseau : « N'êtes-vous pas la
 ssé d'écouter cette fable ? La morale en est détestable \; Les hommes bien
  légers de l'apprendre aux marmots. Plier\, plier toujours\, n'est-ce pas 
 déjà trop\, Le pli de l'humaine nature ? » « Voire\, dit le roseau\, il ne
  fait pas trop beau \; Le vent qui secoue vos ramures (Si je puis en juger
  à niveau de roseau) Pourrait vous prouver\, d'aventure\, Que nous autres\
 , petites gens\, Si faibles\, si chétifs\, si humbles\, si prudents\, Dont
  la petite vie est le souci constant\, Résistons pourtant mieux aux tempêt
 es du monde Que certains orgueilleux qui s'imaginent grands. » Le vent se 
 lève sur ses mots\, l'orage gronde. Et le souffle profond qui dévaste les 
 bois\, Tout comme la première fois\, Jette le chêne fier qui le narguait p
 ar terre. « Hé bien\, dit le roseau\, le cyclone passé -\nIl se tenait cou
 rbé par un reste de vent - Qu'en dites-vous donc mon compère ? (Il ne se f
 ût jamais permis ce mot avant) Ce que j'avais prédit n'est-il pas arrivé ?
  » On sentait dans sa voix sa haine Satisfaite. Son morne regard allumé. L
 e géant\, qui souffrait\, blessé\, De mille morts\, de mille peines\, Eut 
 un sourire triste et beau \; Et\, avant de mourir\, regardant le roseau\, 
 Lui dit : « Je suis encore un chêne. »\nTEXTE N° 4     Victor HUGO     Les
  Contemplations\n     AUX ARBRES \n\n\n\n\nArbres de la forêt\, vous conna
 issez mon âme! Au gré des envieux\, la foule loue et blâme \; Vous me conn
 aissez\, vous! - vous m'avez vu souvent\, Seul dans vos profondeurs\, rega
 rdant et rêvant. Vous le savez\, la pierre où court un scarabée\, Une humb
 le goutte d'eau de fleur en fleur tombée\, Un nuage\, un oiseau\, m'occupe
 nt tout un jour. La contemplation m'emplit le cœur d'amour. Vous m'avez vu
  cent fois\, dans la vallée obscure\, Avec ces mots que dit l'esprit à la 
 nature\, Questionner tout bas vos rameaux palpitants\, Et du même regard p
 oursuivre en même temps\, Pensif\, le front baissé\, l'oeil dans l'herbe p
 rofonde\, L'étude d'un atome et l'étude du monde. Attentif à vos bruits qu
 i parlent tous un peu\,  Arbres\, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher 
 Dieu! Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches\, Nids dont le ven
 t au loin sème les plumes blanches\, Clairières\, vallons verts\, déserts 
 sombres et doux\, Vous savez que je suis calme et pur comme vous. Comme au
  ciel vos parfums\, mon culte à Dieu s'élance\, Et je suis plein d'oubli c
 omme vous de silence! La haine sur mon nom répand en vain son fiel \; Touj
 ours\, - je vous atteste\, ô bois aimés du ciel! - J'ai chassé loin de moi
  toute pensée amère\, Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!\nArbr
 es de ces grands bois qui frissonnez toujours\, Je vous aime\, et vous\, l
 ierre au seuil des antres sourds\, Ravins où l'on entend filtrer les sourc
 es vives\, Buissons que les oiseaux pillent\, joyeux convives! Quand je su
 is parmi vous\, arbres de ces grands bois\, Dans tout ce qui m'entoure et 
 me cache à la fois\,\nDans votre solitude où je rentre en moi-même\, Je se
 ns quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime! Aussi\, taillis sacrés o
 ù Dieu même apparaît\, Arbres religieux\, chênes\, mousses\, forêt\, Forêt
 ! c'est dans votre ombre et dans votre mystère\, C'est sous votre branchag
 e auguste et solitaire\, Que je veux abriter mon sépulcre ignoré\, Et que 
 je veux dormir quand je m'endormirai.\n  :- :- :- :- :- :- :- :\nTexte n° 
 5       Sabine SICAUD (1913-1928)\nLE CHEMIN DE L ORMEAU \nJ’ai rencontré 
 l’ormeau\nPas un ormeau célèbre\,\nMais un ormeau sans ex-voto\,\nTournant
  le dos à la route des hommes.\nSa colonne de bois\, rugueuse\, nue\, énor
 me\,\nQuelqu’un l’a-t-il jamais serrée entre ses bras ?\nNous l’avions mes
 urée avec un fil de soie\nLa colonne de bois qui ne s’arrête pas\nDe gross
 ir en silence.\nMais grossir – qui jamais voit grossir un ormeau ?\nTant d
 e jours et de nuits\, tant de soleil et d’eau\,\nDe pais\, d’oubli\, de ch
 ance…tant et tant !\nEntre les émondeurs\, les chenilles\, l’autan\,\nJ’ai
  rencontré la Patience.\nTEXTE N° 6     LE TAMARIS \nTout l’hiver\, le lau
 rier t’a bravé. Tout l’hiver\,\nLes deux ifs\, s’éventant de leurs franges
  épaisses\,\nT‘ont dit : »N’aimes-tu pas cette fraîcheur de l’air ? »\nEt 
 le cèdre était vert\, le cyprès était vert\,\nEt les bambous avaient des g
 estes d’allégresse\,\nEt le palmier jouait à l’oasis…\nEt le lierre en hab
 it vert bouteille\, et la mousse\nEn laine vert grenouille\, et l’herbe ve
 rt maïs\,\nTe narguaient\, en couvrant le sol brun d’une housse\,\nOù le g
 ivre cousait des boutons de cristal…\nEt le magnolia de faïence vernie\,\n
 Le fusain compassé\, le yucca de métal\,\nRegardaient avec ironie\nTes ram
 eaux grelottants…Le buis même\, le buis\nDes bons vieux jardinets de presb
 ytère\,\nSemblait fat et repu sur un morceau de terre\nLarge comme la main
  et l’ « artichaut des puits »\nEncadrait le bassin de roses agressives…\n
 Et tous disaient : »Voyez\, grâce à nos feuilles vives\,\nCe n’est jamais 
 l’hiver\, jamais l’hiver ! »\nEt devant toi\, si découvert\,\nSi nu\, si m
 aigre\, avec de petits doigts si frêles\,\nJe m’arrêtais\, ne sachant plus
 …\nMon arbrisseau léger\, dont le front chevelu\nFrisé par la brise de mer
  aux tièdes ailes\,\nPrenait là-bas\, dans le soleil\, un vert si doux\,\n
 Un vert qui se teintait de rose à tous les bouts\nDès que le temps des fle
 urs ouvrait sa boite à poudre\nEt son étui de rouge parfumé\nFaudrait-il s
 e résoudre\nA ne plus voir ton fin visage ranimé ?\nAh ! qu’ils m’importen
 t peu\, les autres\, les tenaces\,\nLes toujours verts\, si tu dois rester
  nu !\nComprendront-ils jamais ce qu’il y a de grâce\,\nDe charme délicat 
 dans tes bourgeons menus\nLorsque tu ressuscites\,\nMon tamaris\, pour qui
  l’hiver est bien l’hiver…\nD’avoir tremblé pour toi\, comme on se penche 
 vite\nsur ce premier duvet imperceptible hier\,\nEt comme on t’aime pour c
 e vert\, ce tendre vert\nSi miraculeusement neuf\, d’après l’hiver…\n     
                          \nTEXTE N° 7   LES PELERINS DE LA DUNE\nLes pins…
 Les pins aux verts cheveux\,\nAux sandales d’or et de cuivre\,\nUn par un\
 , deux par deux\,\nDroit devant eux\,\nS’en vont\, comme ivres…\nIvres de 
 soleil et de vent\,\nLes bras tendus\, penchés souvent\nTant le vent du la
 rge les pousse\,\nTant le soleil mord jusqu’au sang\nLa dune rousse\nLes p
 ins s’en vont\, chargés d’encens\,\nD’or et de myrthe\, vers là-bas\,\nVer
 s des pays qu’on ne sait pas\, tendant les bras…\nLes pins s’en vont dans 
 un bruit d’ailes\,\nUn bruit de pas\, un bruit de voix surnaturelles.\nJe 
 les entends\, je les entends…à pas légers\,\nLa forêt suit\, comme un trou
 peau suit le berger.\nA voix basse\, bouche fermée\,\nComme les chanteurs 
 de l’Ukraine\,\nL’Océan dit ses peines.\nLa dernière houle calmée\nFroisse
  et défroisse des étoffes qu’elle traîne…\nEt le vent jour à l’imiter\, da
 ns les remous\nDes pins en marche.\nÔ patriarches\,\nVerts pèlerins des sa
 bles roux\,\nPèlerins vers je ne sais où\,\nC’est bien vous qui marchez\, 
 c’est vous\nQui faites\, sous mes orteils nus\, frémir la dune…\nLe soir t
 ombe… Et peut-être ici\na-t-on rêvé\, mouillés de lune\,\nde soirs mauves\
 , gris pâle aussi\,\net diaphanes…\nde vos soirs\, Puvis de Chavannes…\nMo
 i\, j’ai vu des pins\, un par un\,\nDevenir bleus\, devenir bruns\,\nJe le
 s ai vus\, fouettés d’embruns\,\nDisloqués par le vent sauvage.\nEt condui
 sant toujours\, toujours\,\nLe même long pèlerinage…\nHallucinés\, aveugle
 s\, sourds\,\nJe les ai vus en Don Quichotte\,\nJe les ai vus en Juif-erra
 nt\,\nChauves\, bossu\, manchots\, branlants\,\nOmbres chinoises de la côt
 e…\nEt derrière\, j’ai vu\, pressés\nComme les moutons de la fable\,\nD’au
 tres pins\, tous les pins blessés\,\nCramponnés aux pentes de sable…\nDans
  les pots d’argiles\, saignait\nLeur sève épaisse\, goutte à goutte…\nLes 
 premiers pins suivaient leur route.\nMoi seule les accompagnais…\nVers que
 lle Espagne de miracles ?\nVers quelles sierras\, quels châteaux\,\nQuels 
 tabernacles ?\nNon\, ne me dites pas tout haut\nL’histoire des pins sur la
  dune\,\nL’histoire vraie en quatre mots…\nPuisque je vois\, au clair de l
 une\,\nAu clair du soleil\, verte ou brune\,\nMarcher la forêt devant moi…
 \nPuisque c’est vrai\, lorsque j’y crois…\n                               
 :- :- :- :- :\n \nTEXTE N° 8   DE TEMPS EN TEMPS \nExtrait du recueil « Re
 flets dans un jardin.' de M.L. Bergassoli\nDe temps en temps\, je lui dis 
 : »Ne meurs pas\,\nNe t’en va pas. Dis\, reste !\nJe le prends dans mes br
 as\,\nDoucement je le berce\, avec des gestes\nVenus de la lointaine enfan
 ce\,\nAvec des chants\, venus d’une invisible nuit \;\nEt Lui\,\nS’endort 
 encore un peu dans sa quiétude chaude…\nDe temps en temps\, je lui parle t
 out bas\nDe ces jours très anciens\, où l’on tondait la laine\nA l’ombre d
 e ses bras.\nJe lui fais un printemps\, et j‘efface ses rides\,\nEt je lui
  dis l’amour qui baigne la Maison\nAlors qu’elle se vide…\nDe temps en tem
 ps\, je lui dis les oiseaux\nQui bruissent dans ma tête \;\nEt les Soleils
 \, tous les Soleils\nQui sont passés\, ceux qui restent à naître…\nC’est v
 rai\, je sais\nDe temps en temps\, c’est mon enfance qui s’évade\,\nQui me
 urt\, avec son cœur malade\,\nAlors je mens\,\nMais je lui dis que je suis
  là\nEt que\, je ne suis pas encor bien grande\,\nDe temps en temps\,\nTou
 jours\, pour qu’il s’accroche à moi.\n                                 :- 
 :- :- :- :\nTEXTE N° 9   L’AMANDIER \nextrait du recueil : « Un autre rega
 rd » de M.L. BERGASSOLI\nIl est sorti\nNu sur la terre aride\,\nAyant pour
  compagnon\nQuelques cailloux de Crau\,\nEt ce coin de jardin à la terre t
 rop rude\,\nSur le bord d’un chemin qu’ignorent les ruisseaux…\nOù chercha
 it-il cette force de vivre\, lui\nNe recevant qu’un don maigre du ciel \;
 \nPeu d’eau à peine quelques gouttes\,\nUn soleil dur\, un gel ardent\nEt 
 le souffle violent\nDu vent.\nIl a tenu pourtant\,\nTordant le noir de son
  écorce\,\nTendant ses maigres doigts\nSur ces lambeaux de ciel qui lui di
 saient\nPatience !\nIl a tenu\,\nEt l’on a vu soudain\,\nComme un cri de d
 ouceur réclamant le Printemps\nCette éclosion qui vient\nAlors que tout so
 mmeille encore\,\nCette tendresse rose\nQui odore de miel tout l’air envir
 onnant\,\nEt qui neige\, légère et fragile à la fois\nAu sol encor sevré d
 e sa mémoire verte\,\nCette douceur de lait\nQue l’on retrouvera à la St J
 ean d’été\nDans une coque ouverte…\nCette douceur\, bel Amandier\, et cett
 e force\nBel arbre au cœur d’aurore\,\nTrésor offert\,\nLongtemps couvé\nS
 ous les douleurs de sa rugueuse écorce.\nTexte n° 10 CYPRES M.L. Bergassol
 i extrait d’Un autre regard\nSombres et beaux\, vous méditez songeurs et i
 mpassibles.\nVous méditez poursuivant une quête invisible\nEt vos longs co
 rps tendus transportant\nTout un monde inconnu recelant les échos\nDes tem
 ps anciens qui vous ont fait escorte.\nVous méditez solitaires\, éclairant
  la campagne où serrés\, remparts de nos jardins..\nVigies dressées comme 
 de hautes flammes\nQuel secret vous empreint ?\nLe soleil vous revêt de se
 s plus noirs reflets\nEt la nuit vous absorbe.\nA peine courbez-vous la tê
 te avec noblesse pour saluer le vent. Restant celui que ni le froid\, ni l
 a chaleur ne blesse…\nVous méditez gardiens des rites funéraires\nEclairan
 t le parcours initial et secret\nDe l’’âme qui s’en va retrouver sa Lumièr
 e\nVous contemplez le ciel et vous tendez sans défaillir vers l’Eternel.\n
 Et nous humblement périssables poussière et météore\nNous vous avons mis p
 rès du seuil de nos portes\nDressés là\, comme un appel\n                 
               :- :- :- :- :-\n   TEXTE N° 11       François Mauriac 1885-1
 970.\n     « [...] alors comme aujourd'hui\, j'écoutais le vent dans les p
 ins\, mais je ne le sentais pas sur mon visage. Le vent d'équinoxe\, arrêt
 é par l'immense forêt odorante et chaude\, ne se décèle qu'au glissement d
 es nuages\, qu'au balancement des cimes\, à ce bruit de mer qu'elles font 
 dans le ciel.      Bruit de mer ? Telle est la comparaison accoutumée. mai
 s le vent dans les pins gémit moins sauvagement que l'Atlantique \; il ne 
 pousse pas ce cri d'un monstre aveugle et sourd \; c'est une plainte éolie
 nne\, une plainte humaine \; elle entre en moi qui suis immobile au milieu
  des arbres sans nombre\; et mon être profond collabore à ce gémissement i
 ndéfini\, comme si je n'étais qu'un pin entre mille autres et que le souff
 le envahit. Plus que par le bruit du vent\, peut-être\, le souvenir de la 
 mer est-il ici éveillé par le balancement des cimes - mâts géants d'une im
 mense flotte ensablée. »\n                                      :- :- :- :
 - :\nTexte n° 12 de LE TREMBLE extrait du recueil\nL ARBRE A SILEX de Jean
  Bensimon\nTroué de pluie\nLacéré par les vents d’automne\nIl veille debou
 t dans la nuit\nLe souffle érodé par l’arête du cri\nA l’aine de la branch
 e maîtresse\nIl entend le tremblement de ses feuilles pâles\nJusqu’à la sp
 irale du signe\nAu cœur de la demeure frêle\nEt pris de doute\nSent son no
 m se dissoudre entre les branches.\nHomme qui avez la peur en partage\nEt 
 dont le tourment effeuille les nuits\nPrenez l’avis du tremble.\n         
                       :- :- :- :- :\nTEXTE N° 13       LE DIT DE L’ AMANDI
 ER\nExtrait du recueil L’ARBRE A SILEX Jean Bensimon\nPour me faire expier
  la faute\, on m’arracha du verger natal\, au plain-chant du ciel et je fu
 s transplanté bien loin dans une sombre plaine. Cerné de frimas et de déso
 lation\, je n’interroge plus les puissances maléfiques ni la violente mesu
 re\, et écoute l’air crier à l’effacée une algèbre inconnue\, tandis que m
 a respiration monte en vapeur. J’écoute aussi le ressac de la mémoire – so
 leils en fuite – et mes maigres feuilles frissonnant au bout de mes branch
 es qui longent des vertiges. Tout en cardant la nuit où crissent les heure
 s d’exil\, j’attends. Je ne suis qu’attente de ce jour d’avril où\, à l’ai
 sselle de ma branche la moins frileuse\, une fleur chétive éclôt\, bientôt
  suivie de quelques autres qui\, avant que ne les emporte le vent\, nargue
 nt de leurs pétales blancs\, une épée nue…\n                              
             ::- :- :- :- \nTexte n° 14 LE SAULE de Jean Bensimon\nextrait 
 de l’Arbre à silex\nLe crépuscule tombe lentement sur la rivière et le sau
 le pleureur qui tient en laisse les brouillards\, le saule aux feuilles co
 uleur de lune\, aux branches tombantes dissimulant presque entièrement le 
 tronc et l’ombre bruissante de chuchotis. Dès la nuit\, l’arbre lunaire es
 t jeune sorcière aux longs cheveux attisant la rosée et la pluie d’été cha
 rgée de présages. Si tu te glisses alors dans son orbe\, tu seras enlacé p
 ar la litanie\, porté jusqu’à la chambre d’outre-mémoire baignée de vert o
 ù un visage se recompose…\nSes branches retombent à terre\, ses feuilles e
 n forme de larmes ont fait croire que le saule est mélancolique. Mais non\
 , il est tout joie\, à preuve le rire léger de la jeune fille\, tandis que
  le vent file entre ses doigts et que l’osier tresse l’espérance ronde…\nH
 omme du seuil\, tu n’as pas brûlé toutes sèves\, écoute plutôt le saule.\n
                                      :- :- :- :- :- :-\nTEXTE N° 15 de  Pi
 erre MENANTEAU 1895-1992                                                  
     \nL’ORME EN ETE\nJe suis\, dit l’orme\, tout grillé.\nJe flambe au cen
 tre de l’été\nDans la plénitude éclatante\nEt l’éclat du chant qui m’encha
 nte\nSaute du sous-sol jusqu’au toit.\nJe sens l’épaisseur de ce mois\nSe 
 joindre au cercle de l’année.\nLa nuit répare la journée.\nLes filles des 
 champs ont ainsi\nSur leur visage le souci\nDe quelques rousseurs éphémère
 s.\nSoyez tranquilles les bergères\,\nEt veillez plutôt sur ce cœur\nQue p
 ourrait brûler votre ardeur !\nL’arbre que je suis est à l’âge\nOù l’on fa
 it la part du feuillage\nPour l’exigence du soleil.\nMes amarres\, à leur 
 réveil\,\nS’enracineront dans la terre.\nJ’ai déjà des fils. Ô lumière\,\n
 Soulève-les plus haut que moi\,\nArrondis plus vaste le toit\nOù suffoquen
 t les tourterelles\nTandis qu’en bas\, sous les javelles\,\nS’accordent le
 s grillons du soir !\nOui\, survis-toi\, mon bel espoir\nQui répands dans 
 la canicule\,\nLa promesse longue des jours\,\nL’accomplissement des amour
 s.\n                                  \nBonne lecture…..\n                
            \n                           \n\n\n\n\n \n \n \n \n \n \n  http
 s://www.association-lapostrophe.fr/component/rseventspro/evenement/40-conf
 erence-larbre-en-litterature?Itemid=101
DTSTART:20200312T133000Z
DTEND:20200312T160000Z
LOCATION:C.M.A.  de la Valbarelle (93 Boulevard de la Valbarelle\, 13011\, 
 11e Arrondissement\, Marseille\, Bouches-du-Rhône\, Provence-Alpes-Côte d'
 Azur)
SUMMARY:Conférence : 'L'arbre en littérature'
URL:https://www.association-lapostrophe.fr/component/rseventspro/evenement/
 40-conference-larbre-en-litterature?Itemid=101
END:VEVENT
END:VCALENDAR
