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DESCRIPTION:Chers amis de la Poésie\, Bonjour\,\nJe vous rappelle que le Ma
 rdi 6 février 2024 au Florida\, dès 14h\,\n                               
        j'évoquerai pour vous : \n                                      Sab
 ine SICAUD  1913 1928 \nA quinze ans\, après avoir écrit des poèmes boulev
 ersants sur la souffrance\, celle qu'on avait surnommée 'le petit elfe' s'
 éteignait. Publiés trente ans après sa mort\, ils sont maintenant dans l'o
 ubli.\nSelon notre habitude\, les poèmes seront à votre disposition. Vous 
 pouvez également les trouver ci-dessous et aussi en fichier joint au bas d
 e cette page.\nEn attendant de partager avec vous cet 'unique regard d'enf
 ant doublé de l'entendement de l'adulte'\, je vous souhaite une belle jour
 née. \nBien à vous.\nJacqueline GHIO-GERVAIS\n \n                         
 SABINE SICAUD   1913-1928 \n                     \nTEXTES N°1 LE PETIT CEP
 E \nVa\, je te reconnais\, jeune cèpe des bois... Au bord du chemin creux\
 , c'est bien toi que je vois Ouvrant timidement ton parapluie. A-t-il plu 
 cette nuit sur la ronce et la thuie ? Déjà le soleil tendre essuie Les plu
 s hautes feuilles du bois...\nTu voulais garantir les coccinelles... Il fa
 it beau : Tu seras\, jeune cèpe\, une ombrelle\, L'ombrelle en satin brun 
 d'un roi de Lilliput. Ne te montre pas trop\, surtout... le chemin bouge..
 . Chut ! Fais vite signe aux coccinelles !\nDes gens sont là\, dont les gr
 ands pieds viennent vers toi : On te cherche\, mon petit cèpe ! Que l'ajon
 c bourdonnant de guêpes\, Le genièvre et le houx\, cachent les larges toit
 s De tes aînés\, les frères cèpes \; Car l'un mène vers l'autre\, et la po
 êle est au bout !\nVoici qu'imprudemment tout un village pousse : Rouget c
 ouleur de sang\, verdet couleur de mousse\, Girolle au bonnet roux\, Chape
 aux rouges\, verts\, blonds \; partout Les toits d'un rond village poussen
 t !\nDepuis l'oronge en oeuf\, le frais pâturon blanc Doublé de crépon ros
 e\, Jusqu'au méchant bolet qu'on appelle Satan\, Je les reconnais tous : l
 es joyeux\, les moroses\, Les perfides\, les bons\, les gris\, les noirs\,
  les roses\, Les cousins de l'humide automne et du printemps…\nMais c'est 
 pour toi\, cher petit cèpe\, que je tremble !  Tu n'es encore qu'un gros c
 lou bien enfoncé \; Ta tête a le luisant du marron d'Inde\, et lui ressemb
 le. Surtout\, ne hausse pas au revers du fossé Ta calotte de moine : on te
  verrait... je tremble !\nMoi\, tu le sais\, je fermerai les yeux Exprès\,
  je t'oublierai\; sous une feuille sèche\, Je t'oublierai\, petit Poucet..
 . Je ne puis ni ne veux Être pour toi l'Ogre qui rêve de chair fraîche \; 
 Je passerai\, fermant les yeux…\nDans mon panier\, j'emporterai quelques f
 leurs\, une fraise\, Rien peut-être… Mais toi sur le talus\, À l'heure où 
 les chemins se taisent\, Levant ton capuchon\, tu ne nous craindras plus.
 \nBrun et doré\, sur le talus\, Tu t'épanouiras en coupole\, si ronde\, Si
  large\, que la lune en marche\, une seconde S'arrêtera pour te frôler de 
 son doigt blanc \; la nuit Se fera douce autour de toi\, bleue et profonde
  \; Mignonne hutte sauvage... table ronde.\nPour les rainettes\, dont l'œi
 l jaune et songeur luit\, Mon cèpe\, tu ne seras plus un clou dans l'herbe
  verte Mais un pin parasol dans l'ombre où se concertent Les fourmis qui t
 oujours s'en vont en longs circuits\; Tu seras une belle tente\, grande ou
 verte\, Où les grillons viendront chanter la nuit.\nTEXTE N° 2      FAFOU
 \nChimère\, dromadaire\, kangourou ? Non. Rien que cette ombre chinoise\, 
 Fafou\, sur la fenêtre\, à contre-jour\, Fafou\, Toute seule et pensive… U
 n fuchsia pavoise L’écran vert derrière elle\, et j’entends\, à deux pas\,
  Des oiseaux qui l’ont vue et s’égosillent.\nFafou se pose en gargouille. 
 Un œil las Semble à peine s’ouvrir dans son profil où brille\, Cependant\,
  quelque chose\, on ne sait quoi d’aigu… Par là\, se cache un nid d’oisill
 ons nus Pour qui la mère tremble — Fafou songe.\nUn tout petit pétale roug
 e\, qui s’allonge\, Marque d’un trait sa gueule fine… Un bâillement. Puis 
 un autre… Fafou dormait innocemment. Fafou dormait\, vous dis-je ! Elle s’
 étire\, La queue en yatagan\, Puis en cierge\; le dos bombé\, puis creux. 
 Le pire\, C’est qu’elle n’a pas l’air de voir\, s’égosillant\, La mère ois
 eau dans l’if si proche…\nUne patte en fusil\, assise\, la voilà Qui se br
 osse\, candide\, et sa robe a l’éclat D’un beau satin de vieille dame où s
 e raccroche La lumière du soir. Une dame ? ou quelque vieux diable en habi
 t noir ?\nFafou\, je n’aime pas ces yeux d’un autre monde\, Ces yeux de re
 venant… Tout à l’heure croissants\, Maintenant lunes rondes\, Pourquoi ces
  trous phosphorescents Dans cette face obscure ? Sur la toile Qui se fonce
 \, elle aussi — la toile du jardin Où les pendants des fuchsias sont des é
 toiles La robe d’un noir vif s’éteint…\n— Elle n’est plus qu’un badigeon d
 ’encre ou de suie\, Un pelage sinistre ! Où l’as-tu pris Ce noir d’enseign
 e de chat noir lavé de pluie ?\n— Chat noir ou lion noir ? Chauve-souris\,
  Chouette\, quoi ? Je ne sais plus. Sur la fenêtre\, Une tête où l’oreille
  plate disparaît… Lézard\, couleuvre ou tortue ? Ah ! Si près\, L’oiseau m
 ême ne sait qui redouter\, quel être Fantastique et changeant va ramper ce
 tte nuit Dans le jardin au noir mystère de caverne !\n— Du noir\, du noir…
  Un point luit\, Deux points… deux vers luisants\, vertes lanternes… Fafou
 \, je ne veux pas ! D’où reviens-tu\, démon\, de quel sabbat\, De quelle g
 rotte de sorcière\, Lorsque tes yeux me font cette peur\, tout à coup ?\n
 \nC’est l’heure des gouttières\, De la jungle ! Foulant\, d’un piétinement
  doux\, Une vendange imaginaire\, sur la pierre\, Quelle arme aiguises-tu 
 ? Je ne veux pas\, Fafou ! Viens sous la lampe ! Un ruban rose au cou\, Un
  beau ruban rose de jeune fille\, rose pâle\, Je te veux\, comme en haut d
 ’une carte postale\, Une petite chatte noire\, voilà tout…\n\nTEXTE N° 3  
    VIGNE VIERGE D’AUTOMNE\nVous laissez tomber vos mains rouges\,  Vigne v
 ierge\, vous les laissez tomber  Comme si tout le sang du monde était sur 
 elles.  A leur frisson\, toute la balustrade bouge\,  Tout le mur saigne\,
   Ô vigne vierge... Tout le ciel est imbibé D'une même lumière rouge.  C'e
 st comme un tremblement d'ailes rouges qui tombent\,  D'ailes d'oiseaux de
 s îles\, d'ailes  Qui saignent. C'est la fin d'un règne - Ou quelque chose
  de plus simple infiniment.  Ce sont les pieds palmés de hauts flamants  O
 u de fragiles pattes de colombes  Qui marchent dans l'allée.  (Où vont-ell
 es\, si rouges ?)  Leurs traces étoilées  Rejoignent l'autre vigne\, où l'
 on vendange. Si rouge\,  Est-ce déjà le sang des cuves pleines ?  Ah ! sim
 plement la fête des vendanges\,  Simplement n'est-ce pas ?  Et pourtant\, 
 que vos mains sont tremblantes ! Leurs veines  Se rompent une à une... Tan
 t de sang...  Et cette odeur si fade\, étrange.  Ces mains qui tombent d'u
 n air las\,  Ô vigne vierge\, d'un air las et comme absent\,  Ces mains ab
 andonnées...  (Lady Macbeth n'eut-elle pas ce geste  Après avoir frotté la
  tache si longtemps ?)  Mains qui se crispent\, mains qui restent  En lamb
 eaux rouges sur octobre palpitant \;  Dites\, oh ! dites chaque année  Ete
 s-vous les mains meurtrières de l'Automne ?  Ou chaque année\, Sans rien q
 ui s'en émeuve ni personne\,  Des mains assassinées  Qui flottent au fil r
 ouge de l'automne ?\nTEXTE N° 4 LES PELERINS DE LA DUNE \nLes pins…Les pin
 s aux verts cheveux\, \nAux sandales d’or et de cuivre\, \nUn par un\, deu
 x par deux\,\nDroit devant eux\,\nS’en vont\, comme ivres…\n \nIvres de so
 leil et de vent\,\nLes bras tendus\, penchés souvent\nTant le vent du larg
 e les pousse\,\nTant le soleil mord jusqu’au sang\nLa dune rousse\nLes pin
 s s’en vont\, chargés d’encens\,\nD’or et de myrthe\, vers là-bas\,\nVers 
 des pays qu’on ne sait pas\, tendant les bras…\n \nLes pins s’en vont dans
  un bruit d’ailes\,\nUn bruit de pas\, un bruit de voix surnaturelles.\nJe
  les entends\, je les entends…à pas légers\,\nLa forêt suit\, comme un tro
 upeau suit le berger.\nA voix basse\, bouche fermée\,\nComme les chanteurs
  de l’Ukraine\,\nL’Océan dit ses peines.\n \nLa dernière houle calmée\nFro
 isse et défroisse des étoffes qu’elle traîne…\nEt le vent jour à l’imiter\
 , dans les remous\nDes pins en marche.\n \nÔ patriarches\,\nVerts pèlerins
  des sables roux\,\nPèlerins vers je ne sais où\,\nC’est bien vous qui mar
 chez\, c’est vous\nQui faites\, sous mes orteils nus\, frémir la dune…\n 
 \nLe soir tombe… Et peut-être ici\na-t-on rêvé\, mouillés de lune\,\nde so
 irs mauves\, gris pâle aussi\,\net diaphanes…\nde vos soirs\, Puvis de Cha
 vannes…\n \nMoi\, j’ai vu des pins\, un par un\,\nDevenir bleus\, devenir 
 bruns\,\nJe les ai vus\, fouettés d’embruns\,\nDisloqués par le vent sauva
 ge.\n \nEt conduisant toujours\, toujours\,\nLe même long pèlerinage…\n \n
 Hallucinés\, aveugles\, sourds\,\nJe les ai vus en Don Quichotte\,\nJe les
  ai vus en Juif-errant\,\nChauves\, bossu\, manchots\, branlants\,\nOmbres
  chinoises de la côte…\n \nEt derrière\, j’ai vu\, pressés\nComme les mout
 ons de la fable\,\nD’autres pins\, tous les pins blessés\,\nCramponnés aux
  pentes de sable…\n \nDans les pots d’argiles\, saignait\nLeur sève épaiss
 e\, goutte à goutte…\nLes premiers pins suivaient leur route.\n \nMoi seul
 e les accompagnais…\nVers quelle Espagne de miracles ?\nVers quelles sierr
 as\, quels châteaux\,\nQuels tabernacles ?\n \nNon\, ne me dites pas tout 
 haut\nL’histoire des pins sur la dune\,\nL’histoire vraie en quatre mots…
 \n \nPuisque je vois\, au clair de lune\,\nAu clair du soleil\, verte ou b
 rune\,\nMarcher la forêt devant moi…\nPuisque c’est vrai\, lorsque j’y cro
 is…\n \nTEXTE N° 5     LA SOLITUDE\nSolitude... Pour vous cela veut dire s
 eul\,  Pour moi - qui saura me comprendre ?  Cela veut dire : vert\, vert 
 dru\, vivace tendre\,  Vert platane\, vert calycanthe\, vert tilleul.  Mot
  vert. Silence vert. Mains vertes  De grands arbres penchés\, d'arbustes f
 ous \;  Doigts mêlés de rosiers\, de lauriers\, de bambous\,  Pieds de cèd
 res âgés où se concertent  Les bêtes à Bon Dieu \; rondes alertes  De libe
 llules sur l'eau verte...  Dans l'eau\, reflets de marronniers\,  D'ifs br
 uns\, de vimes blonds\, de longues menthes  Et de jeune cresson \; flaques
  dormantes  Et courants vifs où rament les ' meuniers ' \;  Rainettes à re
 ssort et carpes vénérables \;  Martin-pêcheur... En mars\, étoiles de prun
 iers\,  De poiriers\, de pommiers \; grappes d'érables. En mai\, la fête d
 es ciguës\,  Celle des boutons d'or : splendeur des prés.  Clochers blancs
  des yuccas\, lances aiguës  Et tiges douces\, chèvrefeuille aux brins ser
 rés\,  Vigne-vierge aux bras lourds chargés de palmes\,  Et toujours\, et 
 partout\, fraîche\, luisante\, calme\,  L'invasion du lierre à petits flot
 s lustrés  Gagnant le mur des cours\, les carreaux des fenêtres\,  Les toi
 ts des pavillons vainement retondus...  Lierre nouant au front du chêne\, 
 au cou du hêtre\,  Ses bouquets de grains noirs comme un piège tendu  A la
  grive hésitante \; vert royaume  Des merles en habit - royaume qui s'éten
 d  Ainsi que dans un parc de Florence ou de Rome  En nappes d'émeraude et 
 cordages flottants...  Lierre de cette allée au porche de lumière  Dont le
 s platanes séculaires\, chaque été\,  Font une longue cathédrale verte - l
 ierre  De la grotte en rocaille où dorment abrités  Chaque hiver\, les cal
 las et les cactus fragiles \;  Housse\, que la poussière blanche de la vil
 le  Givre à peine les soirs de très grand vent - pour moi\,  Vert obligé d
 es vieilles pierres\,  Des arbres vieux\, des toits qui penchent\, des vie
 ux toits -  Un château ? Non\, Madame\, une gentilhommière\,  Un ermitage 
 vert qui sent les bois\, le foin\,  Où les bruits dé la route arrivent d'a
 ssez loin  Pour n'être plus qu'une musique en demi-teintes.  Un train sur 
 le talus se hâte avec des plaintes\,  Mais l'horizon tout rose et mauve qu
 'il rejoint Transpose le voyage en couleurs de légende.  On regarde un ins
 tant vers ces trains qui s'en vont  Traînant leur barbe grise - et c'est v
 rai qu'ils répandent  Un peu de nostalgie au fil de l'été blond...  Mais l
 e jazz des moineaux fait rage dans les feuilles\,  Les pigeons blancs s'ex
 altent\, le cyprès Est la tour enchantée où des notes s'effeuillent  Autou
 r du rossignol. Du pré\,  Monte la fièvre des grillons\, des sauterelles\,
   Toutes les herbes ont des pattes\, ont des ailes - Et l'Ane et le Cheval
  de la Fable sont là  Et Chantecler se joue en grand gala  Jour et nuit da
 ns la cour où des plumes voltigent.  Au clair de l'eau\, c'est l'éternel p
 rodige  Du têtard de velours devenu crapaud d'or\,  De la voix de cristal 
 parmi les râpes neuves  D'innombrables grenouilles. Le chat dort.  Dickett
 e-chien s'affaire - et sur leur tête pleuvent  Des pastilles de lune ou de
  soleil brûlant.  S'il pleut vraiment\, la pluie à pleins seaux ruisselant
 s  S'éparpille de même aux doigts verts qui l'arrêtent.  Un tilleul\, des 
 bambous. L'abri vert du poète\,  Du vert\, comprenez-vous ? Pour qu'aux vi
 eilles maisons  Rien ne blesse les yeux sous leurs paupières lasses.  Douc
 eur de l'arbre\, de la mousse\, du gazon... Vous dites : Solitude ? Ah ! d
 ans l'heure qui passe\,  Est-il rien de vivant plus vivant qu'un jardin\, 
  De plus mystérieux\, parfumé\, dru\, tenace\, Et peuplé - si peuplé qu'il
  arrive soudain  Qu'on y discourt avec mille petits génies  Sortis l'on ne
  sait d'où\, comme chez Aladin.  Un mot vert... Qui dira la fraîcheur infi
 nie  D'un mot couleur de sève et de source et de l'air  Qui baigne une mai
 son depuis toujours la vôtre\,  Un mot désert peut-être et desséché pour d
 'autres\,  Mais pour soi\, familier\, si proche\, tendre\, vert  Comme un 
 îlot\, un cher îlot dans l'univers ?...\nTEXTE N°6     DES LIVRES ? SOIT …
 \nDes livres ? Soit. Mais en hiver. Que le jardin soit gris\, la vitre gri
 se ! Que la brise\, dehors\, soit de la bise Et la chaleur\, dedans\, cell
 e de tisons clairs.\nDes livres… Mais un ciel de Londres Et des larmes\, s
 ur les carreaux\, en train de fondre…\nManteaux sentant le vétiver - Chats
  en boule\, manchons\, marrons\, l’hiver !\nAlors\, si vous voulez\, un li
 vre - pas des livres - Un seul\, mais beau comme le printemps vert\, L’été
  doré\, le rouge automne grand ouvert\, Plein d’oisillons bavards et de pa
 pillons ivres !\nLequel m’offrirez-vous\, lequel M’apportera cela\, demain
 \, père Noël ?\nDes images\, bien sûr… C’est le temps des images. Saluons-
 nous\, Bergers\, Rois Mages ! Et des contes… Bonjour\, prince Charmant ! E
 t de l’histoire… - que vois-je\, mais autrement - Et des voyages… que me g
 âtent les naufrages ! Père Noël\, père Noël\, ne cachez-vous Dans votre ho
 tte\, un brin de houx\, Dans votre barbe\, un grain de givre ?\nNe remplac
 eraient-ils ce gros livre\, entre nous ? Mon livre à moi n’est pas un livr
 e Comme ceux qu’on imprime\, et\, jusqu’au bout\, Vos feuillets bien coupé
 s\, je ne pourrais les suivre.\nOn ne lit pas un conte… On s’en souvient. 
 Je l’écoute\, brodé par les flammes dansantes\, Ceux qu’on ne me dit pas\,
  je les invente !\nL’Histoire ? Un conte aussi. Pour les voyages\, rien\, 
 Rien\, sachez-le\, ne me retient Si quelque oiseau bleu me fait signe.\nQu
 ant aux poèmes… soit. Nous attendrons l’été. L’été n’a pas besoin de rimes
  qui s’alignent. Attendons seulement le pourpre velouté De cette rose que 
 je sais\, près de la vigne…\nTEXTE 7 LA PAIX \nComment je l'imagine ?  Eh 
 bien\, je ne sais pas...  Peut-être enfant\, très blonde\, et tenant dans 
 ses bras  Des branches de glycine ?  Peut-être plus petite encore\, ne sac
 hant  Que sourire et jaser dans un berceau penchant  Sous les doigts d'une
  vieille femme qui fredonne...  Parfois\, je la crois vieille aussi... Bel
 le\, pourtant\,  De la beauté de ces Madones  Qu'on voit dans les vitraux 
 anciens. Longtemps - Bien avant les vitraux - elle fut ce visage  Incliné 
 sur la source\, en un bleu paysage  Où les dieux grecs jouaient de la lyre
 \, le soir.  Mais à peine un moment venait-elle s'asseoir  Au pied des oli
 viers\, parmi les violettes.  Bellone avait tendu son arc... Il fallait fu
 ir. Elle a tant fui\, la douce forme qu'on n'arrête  Que pour la menacer e
 ncore et la trahir !  Depuis que la terre est la terre  Elle fuit... Je la
  crois donc vieille et n'ose plus  Toucher au voile qui lui prête son myst
 ère.  Est-elle humaine ? J'ai voulu  Voir un enfant aux prunelles si tendr
 es !  Où ? Quand ? Sur quel chemin faut-il l'attendre  Et sous quels trait
 s la reconnaîtront-ils  Ceux qui\, depuis toujours\, l'habillent de leur r
 êve ?  Est-elle dans le bleu de ce jour qui s'achève  Ou dans l'aube du ro
 se avril ?  Ecartant\, les blés mûrs\, paysanne aux mains brunes  Sourit-e
 lle au soldat blessé ?  Comment la voyez-vous\, pauvres gens harassés\,  V
 ous\, mères qui pleurez\, et vous\, pêcheurs de lune ?  Est-elle retournée
  aux Bois sacrés\,  Aux missels fleuris de légendes ?  Dort-elle\, vieux C
 orot\, dans les brouillards dorés ? Dans les tiens\, couleur de lavande\, 
 Doux Puvis de Chavannes ? dans les tiens\,  Peintre des Songes gris\, myst
 érieux Carrière ?  Ou s'épanouit-elle\, Henri Martin\, dans ta lumière ?  
 Et puis\, je me souviens...  Un son de flûte pur\, si frais\, aérien\,  Pa
 rmi les accords lents et graves \; la sourdine De bourdonnants violoncelle
 s vous berçant  Comme un océan calme \; une cloche passant\,  Un chant d'o
 iseau\, la Musique divine\,  Cette musique d'une flotte qui jouait\,  Une 
 nuit\, dans le chaud silence d'une ville \;  Mozart te donnant sa grande â
 me\, paix fragile...  Je me souviens... Mais c'est peut-être\, au fond\, q
 ui sait ?  Bien plus simple... Et c'est toi qui\, la connais\,  Sans t'en 
 douter\, vieil homme en houppelande\,  Vieux berger des sentiers blonds de
  genêts\,  Cette paix des monts solitaires et des landes\,  La paix qui n'
 a besoin que d'un grillon pour s'exprimer.\nAu loin\, la lueur d'une lampe
  ou d'une étoile \;  Devant la porte\, un peu d'air embaumé...  Comme c'es
 t simple\, vois ! Qui parlait de tes voiles  Et pourquoi tant de mots pour
  te décrire ? Vois\,  Qu'importent les images : maison blanche\,  Oasis\, 
 arc-en-ciel\, angélus\, bleus dimanches ! Qu'importe la façon dont chacun 
 porte en soi\,  Même sans le savoir\, ton reflet qui l'apaise\,  Douceur p
 romise aux coeurs de bonne volonté...  Ah ! tant de verbes\, d'adjectifs\,
  de parenthèses !  - Moi qui la sens parfois\, dans le jardin\, l'été\,  S
 i près de se laisser convaincre et de rester  Quand les hommes se taisent.
 ..\nTEXTE 8 PREMIERES FEUILLES \nVous vous tendez vers moi\, vertes petite
 s mains des arbres\,  Vertes petites mains des arbres du chemin.  Pendant 
 que les vieux murs un peu plus se délabrent\,  Que les vieilles maisons mo
 ntrent leurs plaies\,  Vous vous tendez vers moi\, bourgeons des haies\,  
 Verts petits doigts.  Petits doigts en coquilles\,  Petits doigts jeunes\,
  lumineux\, pressés de vivre\,  Par-dessus les vieux murs vous vous tendez
  vers nous.  Le vieux mur dit : ' Gare au vent fou\,  Gare au soleil trop 
 vif\, gare aux nuits qui scintillent\,  Gare à la chèvre\, à la chenille\,
   Gare à la vie\, ô petits doigts !  Verts petits doigts griffus\, bourrus
  et tendres\,  Vous sentez bien pourquoi  Les vieux murs\, ce matin\, ont 
 la voix de Cassandre.  Petits doigts en papier de soie\, Petits doigts de 
 velours ou d'émail qui chatoie\,  Vous savez bien pourquoi  Vous n'écouter
 ez pas les murs couleur de cendre...  Frêles éventails verts\, mains du pr
 ochain été\,  Nous sentons bien pourquoi vous n'écoutez  Ni les vieux murs
 \, ni les toits qui s'affaissent \;  Nous savons bien pourquoi  Par-dessus
  les vieux murs\, de tous vos petits doigts\,  Vous faites signe à la jeun
 esse !\nTEXTE N°   9 CHEMINS DE L OUEST\nPour qui vous a-t-on faits\, gran
 ds chemins de l'Ouest ? chemins de liberté que l'on suppose tels et qui me
 ntez sans doute... Espaces où surgit le Popocatepelt\, où le noir séquoïa 
 cerne d'étranges routes\, où la faune et la flore ont de si vastes ciels q
 ue l'homme ne sait plus à quel étage vivre. Chemins de liberté que nous su
 pposons libres. A travers les Pampas court mon cheval sans bride\, mais la
  ville géante a ses réseaux de feu et les jeunes mortels faits de toutes l
 es races ont leurs lassos\, leurs murs\, leur pères et leurs dieux. Des ' 
 Trois Puntas ' à la mer des Sargasses\, Amériques du Sud\, du Nord\, pays 
 des toisons d'or\, des mines d'or\, de l'or qui fait l'homme libre et l'es
 clave\, le Pampero peut-être ignore les entraves et l'aigle boréal\, les p
 ièges du chasseur... Mais\, ô ma liberté\, plus chère qu'une soeur\, c'est
  en moi que tu vis\, sereine et sédentaire\, pendant que les chemins font 
 le tour de la terre.\nTEXTE N° 10 LE CHEMIN DE CREVE-CŒUR \n \nUn seul coe
 ur ? Impossible Si c'est par lui qu'on souffre et que l'on est heureux.< h
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